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MuCeM, ouverture en

Le

2013

SoMMAIre

Partie A

UN MUSÉE DES CIVILISATIONS DU XXIe SIÈCLE

04 Le MuCeM, un grand projet pour la Méditerranée 08 40 000 m2 sur trois sites 10 Le J4 : le monde méditerranéen 13 Le Fort Saint-Jean : un jardin de la mémoire 15 e Centre de conservation et de ressources : L

les coulisses du musée

16 La collection du MuCeM 18 L'histoire du musée - dates clés 19 en attendant 2013

·Lechantierdescollections ·Lespublicsacteursduprojet ·LesMardisduMuCEM ·LesexpositionshorslesMurs ·LaSociétédesAmisduMuCEM

Partie B

Le ProJet ArCHIteCturAL

23 Le J4 :

unbâtimentd'unegrandeprouessetechnologique,conçuparRudyRicciotti

25 Le Fort Saint-Jean :

unjardinméditerranéendansunmonumenthistorique,aménagéparl'agenceAPS

27 Le Centre de conservation et de ressources :

unécrin,conçuparCorinneVezzoni

28 Budget d'investissement et financement

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>PartieA

un musée des civilisations e du XXI siècle

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Le MuCeM, un grand projet

pour la Méditerranée

Flottant entre le ciel et l'eau, à l'entrée du Vieux-Port de Marseille, un musée national ouvre ses portes. Avec le Fort Saint-Jean relié par une passerelle au bâtiment contemporain créé par Rudy Ricciotti sur le môle J4, le Mucem est, par sa situation même, un grand projet pour la Méditerranée. Ouvert sur le large, il dessine un horizon où les deux rives de la Méditerranée ont rendez-vous. Jamais aucun musée dans le monde n'avait été consacré aux cultures de la Méditerranée pourtant si fertiles d'un point de vue historique et civilisationnel. C'est chose faite avec le MuCEM qui sera inauguré en 2013, au moment où Marseille sera Capitale européenne de la culture.

Réalisé en partenariat avec l'Etat, la Ville de Marseille, le Conseil général des Bouches-du-Rhône et le Conseil régional Provence-Alpes Côte d'Azur, le MuCEM représente le premier véritable transfert d'un musée national dans une grande capitale régionale. Ses collections, composées de près d'un million d'oeuvres et d'objets, seront intégralement transportées à Marseille. Le Mucem, c'est la troisième vie d'un grand musée consacré à la société dont les origines remontent à 1884, avec l'ouverture d'une «salle» de France au Musée d'Ethnographie du Trocadéro. Après avoir été, depuis 1937, et pendant plus d'un demi siècle, le Musée des art et traditions populaires à Paris, le Mucem offre désormais un regard sur la Méditerranée, son histoire, ses sociétés et son patrimoine.

« La Méditerranée retrouve une place centrale au plan international »

un regard neuf sur les cultures de la Méditerranée

Musée des civilisations du XXIème siècle, le MuCEM s'intéressera principalement aux cultures de la Méditerranée,selon une optique comparatiste et pluridisciplinaire dans laquelle l'Europe et les autres continents bordant la Méditerranée occuperont une grande place.

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Pénétrant dans les galeries thématiques du Mucem, le public découvrira, sur 1600m², l'espace méditerranéen, une mer baignée par trois continents - l'Asie, l'Europe et l'Afrique - qui, depuis le néolithique, constitue une scène où se rencontrent les hommes, les sociétés, les cultures et les religions. Partant de cette perspective pour comprendre l'événement que fut la bataille de Lépante, Fernand Braudel dégage les différents temps des sociétés : le temps long de la structure, le temps de la conjoncture et celui de l'histoire immédiate. Saisies dans cette perspective, les collections cessent d'être le reflet d'identités régionales pour devenir les témoins des grands mouvements économiques, politiques et spirituels qui se sont rencontrés tantôt pacifiquement et tantôt violemment sur la scène de la Méditerranée. Mais le MuCEM sera aussi tourné vers les problématiques du monde contemporain. La programmation culturelle rythmera cette ambition. Chaque année, le musée présentera deux grandes expositions temporaires (sur 1 500 m2) et deux expositions de taille moyenne (sur 500 m2) ainsi que des colloques, des films de fiction ou documentaires, des spectacles, qui traiteront des grandes questions de l'actualité du bassin méditerranéen. Il s'agit ainsi de faire exister une véritable cité culturelle ouverte aux grands débats et notamment:

> Questions de mémoires, à travers les relations du monde méditerranéen à l'ensemble européen, singulièrement l'héritage colonial. De nombreux noeuds de mémoire affleurent et mobilisent des groupes ou des communautés autour de conflits du passé qui trouvent une profonde résonance dans le présent... > Questions d'appartenance et de culture au quotidien, dans la relation aux héritages du passé et aux formes du présent. Ainsi par exemple des régimes alimentaires, liés ou non à des appartenances religieuses, des façons d'habiter ou de se vêtir, des relations entre pudeur et impudeur, mais aussi des controverses sur le voile ou la burqa. >

Questions artistiques, intellectuelles. La scène méditerranéenne contemporaine témoigne de la vitalité de ces sociétés. Les outils numériques et les créations n'ont plus de secret pour ces jeunes générations connectées au monde, comme en témoignent les nouveaux acteurs du « printemps arabe » à Tunis, au Caire, à Beyrouth ou à Casablanca. Le domaine des images, fixes ou animées, les nouvelles écritures, plastiques, musicales et littéraires, concernent de près un musée de civilisations en prise avec le temps du monde. La Méditerranée retrouve une place centrale au plan international. Elle est sur l'agenda politique et s'affirme comme un des lieux où s'écrit l'histoire du monde. Alors que les sociétés civiles et les acteurs culturels sont en mouvement, le MuCEM doit s'affirmer comme l'un des interlocuteurs privilégiés de ces nouveaux acteurs, un lieu hospitalier pour ces formes culturelles qui émergent et pour ces oeuvres qui s'affirment, un lieu ouvert aux questions de mémoires, pour contribuer à les dénouer, un lieu à l'écoute des cultures au quotidien, pour mieux les présenter, mieux les faire connaître et ainsi mieux se comprendre. C'est à travers ces initiatives et ces priorités que le MuCEM peut s'affirmer comme un grand projet culturel pour la Méditerranée.

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un site emblématique symbolisant le mariage de Marseille et de la Méditerranée

Marseille est un choix symbolique fort. Au bord d'une Méditerranée qu'il s'agit de réinvestir, en premier lieu par le biais de l'éducation et de la culture, cette grande cité ­ la seconde de France par sa démographie ­ reste la plus emblématique de ces contacts multiples et permanents entre les deux rives, de ces influences variées créées par sédimentations successives, ingrédients évidents de sa culture populaire. Le site choisi - le Fort Saint-Jean et le môle J4 du port de Marseille - à la charnière du Vieux Port et de la Joliette, à la proue de la ville et de la Cité de la Méditerranée en cours de conception, est pleinement cohérent avec le thème du musée. On y trouve, sur les vestiges grecs et romains de l'antique cité-état, une chapelle du XIIIe siècle qui relevait de l'ancienne Commanderie de Saint-Jean de Jérusalem, la tour médiévale du Roi René (construite entre 1447 et 1453), englobées dans diverses fortifications militaires qui s'échelonnent depuis le XVIIe de Vauban jusqu'au début du XXe siècle. C'est aussi sur le môle que se faisaient, jusqu'à la décolonisation, les départs et les arrivées des voyageurs venus du monde entier. C'est donc un lieu chargé d'histoire et de souvenirs, au coeur d'un site patrimonial prestigieux ­ cathédrale de la Major, église Saint-Laurent, perspectives sur le Palais du Pharo, sur l'abbaye Saint-Victor, la mer et les îles du Frioul - ouvrant sur « L' au-delà de Suez »...

une contribution au rayonnement de la métropole.

Au-delà de la dimension culturelle, l'arrivée du MuCEM à Marseille représente un atout pour le développement urbain et économique du territoire. La transformation du front de mer entreprise par l'établissement public d'aménagement Euroméditerranée en étroite concertation avec la Ville, le Conseil général des Bouches-du-Rhône, le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole et l'Union européenne, poursuit deux objectifs : convertir cette zone en un nouveau centre économique et culturel hissant Marseille au niveau des plus grandes métropoles européennes, et redynamiser le centre ville et le port en créant des connections entre eux.

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Un nouveau quartier où il fait bon vivre, sortir et travailler, voit le jour entre la façade maritime et le coeur de la ville. Cette transformation s'accélère depuis la désignation de Marseille comme Capitale européenne de la culture en 2013. Euroméditerranée va rassembler sur son périmètre la plupart des équipements culturels phares de Marseille Provence 2013 : le MuCEM mais aussi le Centre régional de la Méditerranée, le Silo et sa salle de spectacles de 2 000 places, le Fonds régional d'art contemporain, Euromed Center et son multiplexe de cinéma...

Deuxième phase des travaux sur le J4 Les délais de réalisation des travaux sont fixés à 29 mois à compter de la date de notification du marché, soit une livraison du bâtiment en décembre 2012. © MuCEM

De grands projets conçus par des architectes de renommée internationale (Massimiliano Fuksas , Jean Nouvel, Zaha Hadid, Stefano Boeri, Rudy Ricciotti, Corinne Vezzoni... ) vont créer une nouvelle centralité de la ville et, sous le regard bienveillant de Notre Dame de la Garde, donner ainsi un nouvel élan à Marseille et sa région.

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40 000 m2 sur trois sites

Môle portuaire J4

Centredeconservation etderessources

CCR

Fort StJean

Trois sites, trois ambiances, des propositions démultipliées et surprenantes sur un ensemble de 40 000 m2 : le MuCEM sera un vrai musée du XXIème siècle, capable d'attirer des publics divers par une palette très large d'activités. On pourra bien sûr voyager à travers ses expositions majeures, dans les galeries du nouveau musée, mais aussi profiter d'une lecture, d'un concert, de débats d'idées, de projections cinématographiques... ou simplement goûter l'ambiance de la ville en se promenant dans les jardins méditerranéens du Fort Saint-Jean réhabilité. Le MuCEM constituera un lieu de vie, ouvert à tous, bien au-delà de ses incontournables expositions événements.

une visite en trois temps, riche en découvertes et en émerveillements

Le nouveau musée construit sur l'ancien môle portuaire J4 par l'architecte Rudy Ricciotti sera le coeur du MuCEM. Un lieu dédié à la découverte des étapes majeures des civilisations méditerranéennes, traitant de thématiques aussi marquantes que l'invention des dieux, les trésors de la route des épices, les visions de Jérusalem, le banquet des citoyens ou le cabinet des sept merveilles du monde. D'une architecture d'avant-garde, le public passera ensuite aux arcades et salles voutées cachées dans les entrailles de pierre du Fort Saint-Jean, monument historique daFort Saint-Jean : 15 000 m2 tant du XIIème siècle. En empruntant une passerelle haute, jetée au dessus de la J4 : 15 000 m2 mer, il profitera de panoramas spectaculaires et invisibles jusqu'alors. Ici le visiteur pourra déambuler dans un nouveau jardin méditerranéen et s'émerCCr : 10 000 m2 veiller aux richesses des collections d'arts et traditions populaires du MuCEM. Un troisième site situé dans le quartier de la Belle de Mai, non loin de la gare Saint-Charles, abritera le Centre de conservation et de ressources (CCR), conçu par l'architecte Corinne Vezzoni. Lieu de conservation des collections, le CCR sera également l'occasion de faire visiter les coulisses du musée. Il accueillera un espace évoquant l'histoire du musée, ouvert lui-aussi au public.

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Les publics au coeur du musée

L'hospitalité est une valeur fondatrice pour les civilisations de la Méditerranée ; la convivialité en est une autre. Le MuCEM se doit donc de proposer un voyage en Méditerranée aussi agréable et confortable que possible à ses visiteurs. La chaleur de l'accueil et sa capacité à s'adapter aux besoins de tous (et notamment des personnes âgées, handicapées ou fragilisées), feront l'objet d'une attention permanente de la part de tous les personnels. L'ensemble du parcours sera facilité ; la visite pourra être préparée à l'avance (réservations pour les groupes, vente de billets et circuits téléchargeables sur le site internet...), et un soin particulier sera porté à la clarté, la lisibilité et la diffusion de l'information dans les sites du musée. Le MuCEM devra savoir plaire et divertir pour permettre à tous, petits et grands, d'interroger et de comprendre les grands enjeux des civilisations de la Méditerranée et de l'Europe. Cette capacité à séduire tout en favorisant la réflexion et la connaissance constituera une des préoccupations permanentes du MuCEM dans son rapport aux différents publics. Des lieux et activités dédiés aux familles, un accompagnement pédagogique pour les classes, des outils d'aide à la visite et une politique forte de médiation, permettront de relever ce défi.

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J4 : le monde méditerranéen

Entre ville et mer, sur l'ancien môle portuaire J4, le bâtiment de 15 000 m² actuellement en construction réalisé par l'architecte Rudy Ricciotti comporte plus de 3 700 m² d'espaces d'exposition, des espaces dédiés aux enfants, un auditorium de 400 places pour la présentation de conférences, de spectacles, de concerts, de cycles de cinéma, une librairie, un restaurant doté d'une terrasse panoramique et les « coulisses » indispensables à un équipement de ce type : ateliers, lieux de stockage, bureaux, etc.

Un musée placé à l'intersection des civilisations de Méditerranée et d'Europe est confronté à des défis et à plusieurs questions sensibles. Il lui appartient de s'en saisir et d'apporter un éclairage indispensable à partir des expositions, mode d'expression privilégié d'un musée, mais aussi de débats, de rencontres, de spectacles...

Deux grands plateaux d'expositions

pour les galeries de la Méditerranée. Situées au rez-de-chaussée, les galeries thématiques ou de synthèse seront consacrées aux singularités du monde méditerranéen dans sa diversité et sa complexité. Ces galeries qui traitent de sujets définis seront modulables dans leur présentation et seront amenées à se transformer dans le moyen terme (3 à 5 ans).

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> Au niveau 1 : 1 600 m

> Au niveau 2 : 2 000 m2 d'espaces d'expositions temporaires Deux grandes expositions par an sur un espace de 1 500 m2 qui dévoileront les sociétés du monde méditerranéen, les mettront en regard les unes par rapport aux autres ou les présenteront parmi d'autres civilisations du monde. Deux expositions saisonnières, sur un espace de 500 m2, qui seront consacrées tantôt aux hommes, tantôt aux villes et aux lieux de la Méditerranée.

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Les expositions inaugurales en 2013

Mer Méditerranée, mer fécondante. Dans les galeries thématiques du premier niveau, une traversée des civilisations de la Méditerranée, sur le temps long. La Méditerranée (étymologiquement : mer intérieure) n'a formé une entité politique que pendant les quelques siècles du règne de Rome. Depuis, en dépit de tous les rêves impériaux venus s'échouer sur ses bords, elle n'a jamais retrouvé son unité. En revanche, faute de constituer un ensemble politique, social ou religieux homogène, l'aire méditerranéenne est l'une des mers fécondantes de civilisations aux côtés de la mer de Chine, de l'Océan Indien ou du Golfe du Mexique. La façon dont le monde méditerranéen a participé, il y a dix mille ans environ, à la diffusion de l'une des formes d'éclosions néolithiques parmi d'autres, conditionne deux approches complémentaires : D'une part la singularité méditerranéenne est à situer par rapport au reste du monde : mieux comprendre l'une aide à mieux appréhender l'autre. Ainsi, s'il est nécessaire de pénétrer le monde méditerranéen afin de découvrir les domestications parallèles du blé, de la vigne et de l'olivier simultanément avec celles des porcins, des ovins et des bovins, il est également enrichissant de voir et de comparer les sociétés de Méditerranée avec d'autres civilisations construites, par exemple, autour des domestications du maïs, de la pomme de terre, du lama et du dindon. D'autre part la Méditerranée est à concevoir à partir des traits qui font sa singularité : 1 L'invention et la diffusion du blé et d'autres formes propres de domestication 2 Les religions monothéistes 3 L'extension de la citoyenneté au-delà de la cité 4 L'ouverture au monde et la mise en relation de toutes les mers du globe 5 La formation de lieux de mémoire entraînant le développement de la villégiature et du tourisme. Ces thématiques se raccordent logiquement les unes aux autres de façon à permettre au visiteur d'effectuer un voyage. Elles dessinent les étapes d'un itinéraire qui part d'une Préhistoire où l'homme est tributaire des aléas quotidiens de la nature pour parvenir à des sociétés où les hommes, conscients d'appartenir à une même humanité, sont aussi les citoyens d'un peuple en passe de devenir souverain par la démocratie. A la Renaissance, au moment où le monde méditerranéen prend conscience, difficilement, qu'il n'est qu'un foyer de civilisations parmi d'autres, il conçoit aussi l'humanisme. 1. « Le Noir et le Bleu, un rêve méditerranéen » au deuxième niveau, sur 1 500 m2. Le Noir et le Bleu, ce qui fait civilisation et ce qui la nie, sont mis en tension dans le parcours de l'exposition, tel un envers et un endroit indissociables. Ainsi coexistent l'héritage des Lumières et l'ombre des Lumières que Goya, en artiste visionnaire, a rendu visible dans ses « peintures noires ». Exposition d'ouverture d'un musée de civilisations consacré à la Méditerranée, elle montre comment la notion de civilisation et la notion de Méditerranée sont contemporaines des Lumières. Or, « longtemps aveuglées, en effet, par leur propre éclat, les Lumières ne voient pas les ombres de plus en plus nombreuses qui les accompagnent », observe Annie Le Brun qui précise : « Le noir serait en l'homme le sens de l'inhumain dont il participe. » Il en va tout autrement du Bleu qui, à partir de l'époque romantique, « est devenu la couleur du rêve, ou du moins de l'invitation au rêve », selon Michel Pastoureau, qui ajoute, pour la période contemporaine : « Le bleu est devenu une couleur internationale chargée de promouvoir la paix et l'entente entre les peuples. »

1/ Souvenir de Monsieur Guénantin gardien de phare. 1955 © MuCEM / Mehdi El Mestri 2/ Vue de Médine representant la Grande Mosquée, la cour avec la chaire à prêcher et le tombeau du Prophète lieu d'exécution Turquie © MuCEM / Anne MAIGRET

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Le fil conducteur de l'exposition est fait de cette polarité entre le Noir et le Bleu, ensemble complexe et parfois contradictoire qui va rythmer la visite. Il ne s'agit pas de juxtaposer des thèmes mais d'inscrire l'ensemble du parcours dans cette intensité qui invite à un rêve toujours recommencé. Douze moments seront proposés aux visiteurs pour découvrir les différentes configurations à travers le temps du rêve méditerranéen. Les porteurs de rêve, qui donnent un visage aux différentes expressions du rêve méditerranéen, seront privilégiés dans l'exposition. Ces figures peuvent en effet être reconnues et appropriées, et ainsi rendre accessible l'histoire du rêve méditerranéen dans ses élans comme dans ses impasses. De l'autre côté du miroir, le principe d'écriture de l'exposition repose sur cette idée de regards renversés, d'une invitation à traverser les apparences pour aller de l'autre côté et ne jamais se contenter d'un regard seulement européen. Le rêve méditerranéen est dissymétrique et souvent décalé, il relève d'abord d'une projection du Nord sur le Sud, mais il laisse place à d'autres regards et à d'autres rêves... Trois approches sont privilégiées dans la conception de l'exposition : Voir : à partir d'une écriture symbolique, véritable invitation à la découverte d'un musée imaginaire où dialoguent les formes et où chacun poursuit son rêve... Sentir : à partir d'une écriture sensible de l'exposition, qui permet de goûter les paysages et les lieux, de partager les joies et les drames, les élans et les fracas... Comprendre : en suivant le registre des savoirs qui permettent, à travers de nombreux documents originaux et des audio-visuels appropriés, d'entrer dans la diversité des formes prises par le rêve méditerranéen Exposition de civilisations, elle n'est ni une exposition historique ni une exposition d'art et de patrimoine. Elle se propose d'inventer une forme nouvelle, exposition de civilisations qui fait la synthèse entre différents registres, qui associe des oeuvres singulières, peintures, photographies, sculptures, et des documents originaux, manuscrits et livres rares, revues, affiches et journaux, sans oublier des images d'archives, de documentaires et de fictions, dans un parcours qui, au fil du rêve, qui fait découvrir la diversité des représentations de la Méditerranée... Invitation au rêve, à la méditation et au questionnement devant des oeuvres majeures, cette exposition est appelée à laisser une empreinte esthétique forte et une trace dans l'imaginaire du visiteur. Mais il s'agit également de lui raconter une histoire, l'histoire de ce rêve méditerranéen à travers le temps, entre le XVIIIème siècle et le XXIème siècle. Un rêve d'avenir ou un horizon sans lendemain ?... 2. « Au bazar du genre, féminin/masculin » au deuxième niveau, sur 500 m2. Pour aborder une des grandes questions des sociétés d'aujourd'hui : les relations entre les hommes et les femmes et plus généralement les bouleversements qui touchent l'ordre des sexes, le MuCEM proposera un voyage à travers les multiples façons d'être homme ou femme de sa société dans l'espace méditerranéen aujourd'hui. Les objets des collections d'ethnologie du musée seront associés à des témoignages d'hommes et de femmes, des montages de films, des installations d'art contemporain pour une évocation sensible des changements qui touchent les grandes valeurs associées aux rapports de genre dans l'espace méditerranéen comme la masculinité, la féminité, le mariage, la filiation, l'honneur, la paternité, la maternité, la pudeur, le respect, l'amour.... On y montrera les multiples figures que prennent, du nord au sud de la méditerranée, les apprentissages de leur rôle par les garçons et par des filles. On y témoignera de l'impact des nouveaux modes de communication sur les façons de se rencontrer, de se séduire, de faire couple ou de faire famille. On questionnera les différentes façons dont les normes du genre qui touchent aux fondements même du fonctionnement des sociétés - règles religieuses, lois, règlements écrits ou non, coutumes... se confrontent à une multiplicité de modèles qui sont diffusés à des échelles de plus en plus larges. L'étendue de son propos et des questions posées fera de cette exposition un des points forts de l'axe « Sexe et genre » de la programmation de Marseille Provence 2013. Ces expositions seront prolongées par des cycles de rencontres et débats, en lien notamment avec la 20ème édition des Rencontres d'Averroès ; par des cycles de cinéma, de spectacles et d'événements, dans le musée et sur l'esplanade.

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Le Fort Saint-Jean : un jardin de la mémoire

Avancée de la cité phocéenne vers la mer, le Fort Saint Jean est la presqu'île de tous les enchantements, à commencer par la mémoire des chevaliers de l'Ordre de Malte, des soldats et des exilés qui hantent encore les bâtiments. Ce monument emblématique de l'histoire de Marseille constituera le deuxième pôle du musée. Il sera relié au bâtiment du môle J4 par une passerelle de 130 mètres de long surplombant une darse creusée en contrebas. Une deuxième passerelle est prévue depuis la porte royale vers l'église Saint-Laurent et le quartier historique du Panier.

Sa restauration est en cours sous la maîtrise d'oeuvre de François Botton, architecte en chef des monuments historiques. Une fois aménagés, les différents espaces de casernement situés à l'intérieur du fort offriront plus de 1 100 m² de surfaces d'exposition. Les espaces extérieurs (15 000 m²) font l'objet d'un traitement paysager qui composera un jardin-promenade en plusieurs « tableaux », répondant à l'esprit du monument et aux exigences du climat.

Le parcours découverte :

A ceux qui voudraient aller à la rencontre des anciens habitants de ces lieux, il sera proposé des parcours propres à faire ressurgir les souvenirs associés à chaque partie du Fort. Aux amoureux de la nature, le Fort proposera une promenade dans les allées consacrées aux différentes essences de la flore méditerranéenne. Pour ceux qui souhaitent se distraire et se divertir, des jeux, un café et une boutique apporteront les délassements attendus.

Le domaine des fêtes et des spectacles :

Derrière les bastions, tapis à l'intérieur des casemates et des galeries sous arcades, seront disséminés les trésors les plus extraordinaires des collections d'arts et traditions populaires du MuCEM consacrés à l'évocation des fêtes d'antan et des réjouissances d'aujourd'hui.

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Le thème des fêtes et des spectacles permettra d'aborder d'une façon ludique des faits révélateurs de l'évolution des sociétés, en Méditerranée tout particulièrement. D'autres cycles prendront la suite, tels que « vie quotidienne », « boutiques, fabriques et industries », « la table et la cuisine ». La fête et les spectacles populaires seront abordés au Fort Saint-Jean selon trois approches différentes : > « Le temps des fêtes » montrera comment nous sommes passés d'un cycle calendaire agraire à un cycle urbain > « Spectacles forains » sera consacré aux spectacles populaires itinérants : foires, cirques et théâtres de rue > « Le peuple entre en scène » montrera comment, au théâtre, le valet a pris la place du maître.

un espace d'exposition d'actualité

Dans le bâtiment baptisé Georges Henri Rivière (en l'honneur du fondateur du Musée National des Arts et Traditions Populaires), le Fort proposera également une programmation originale et impromptue, connectée à l'événementiel méditerranéen. Ces expositions pourront s'accompagner d'une programmation de concerts ou spectacles en plusieurs points du Fort Saint Jean.

L'institut méditerranéen des métiers du patrimoine (I2MP)

Le MuCEM acueillera un centre des métiers du patrimoine reposant sur la mise en place d'un partenariat très large (INP, Ecole du Louvre, CICRP, universités) qui permettra d'allier formation professionnelle, enseignement et diffusion culturelle et sensibilisation aux métiers du patrimoine. Fondé sur une vision large du patrimoine culturel intégrant ainsi toutes ses dimensions matérielles et immatérielles, l'Institut s'attachera non seulement à former les professionnels des pays du bassin méditerranéen aux techniques de conservation et de diffusion du patrimoine mais aussi à leur faire prendre en compte l'importance d'associer une expertise technique avec la connaissance des contextes culturels dans lesquels s'inscrivent ces patrimoines. Pour cela l'Institut, qui sera installé sur le site du fort Saint-Jean, bénéficiera pleinement des ressources scientifiques du MuCEM dans les domaines de la recherche et de la valorisation de ces patrimoines.

1/ Vue des galeries des officiers du Fort Saint-Jean © Artkas 2/ Orgue Limonaire à 61 touches exécutant Frères Limonaires premier tiers du XXe siècle foires du midi de la France 1969 © MuCEM / Christophe Fouin

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Le Centre de conservation et de ressources: les coulisses du musée

Le MuCEM disposera également d'un Centre de conservation et de ressources situé dans le quartier de la Belle de Mai, non loin de la gare Saint-Charles. Conçu par l'architecte Corinne Vezzoni et construit sous forme d'un partenariat public-privé, il abritera, sur 10 000 m² de surface utile, l'ensemble des réserves du musée ainsi que ses fonds documentaires, sa bibliothèque et ses archives scientifiques. Le lieu sera ouvert aux professionnels du patrimoine, aux chercheurs et aux étudiants qui y disposeront d'espaces de consultation, mais aussi au grand public qui pourra accéder sur rendez-vous à une partie des réserves.

Le premier objectif du centre est naturellement d'assurer les missions de conservation du musée : stocker, conserver, étudier, documenter, entretenir et développer les collections. Les équipes du MuCEM auront à leur disposition des réserves modernes respectant les normes de la conservation préventive (température et hygrométrie), des ateliers de restauration, une chambre d'anoxie (privation d'oxygène) pour traiter les collections contre les infestations, des ateliers de préparation des objets pour exposition, un atelier de prise de vue... Mais au-delà de ces missions essentielles, le centre a pour vocation de devenir un lieu vivant, véritable outil de valorisation et de diffusion des collections, par une politique active de prêts et de dépôts. Il sera aussi un instrument de travail pour les chercheurs et les étudiants. Il permettra de rendre accessible et communicable l'intégralité des collections et fonds conservés par le MuCEM, dont une partie seulement sera visible dans le bâtiment du môle J4 et dans le Fort Saint-Jean. Pour ce faire, plusieurs dispositifs et équipements ont été pensés à destination des publics. Trois salles seront accessibles pour la consultation des objets, des ressources documentaires et des fonds audiovisuels. Une salle d'exposition permettra de présenter au public des pans de collection, les nouvelles acquisitions, des restaurations exemplaires... Enfin, une réserve sera accessible au public, sur demande. Déployée sur 800 m2, elle témoignera de la richesse et de la diversité des fonds, donnant à mieux comprendre les métiers de la conservation, en montrant aux visiteurs quelles sont les méthodes employées pour préserver les collections. A l'heure où le concept de « vidéo à la demande » se développe, le MuCEM proposera ainsi à ses publics des « collections à la demande ». Dès l'automne 2012, le nouveau bâtiment recevra les premiers objets en provenance de Paris, et l'installation des collections se poursuivra intensivement jusqu'en 2014.

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La collection du MuCeM

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Le MuCEM hérite des magnifiques collections du Musée national des arts et traditions populaires (MNATP) , très largement enrichies par des apports venant du Musée de l'Homme. Ces collections ont aussi été complétées, depuis une dizaine d'années, par les résultats des campagnes d'acquisition en cours et par des échanges avec le réseau des musées de l'Europe et de la Méditerranée. Le MuCEM conserve un patrimoine exceptionnel.

un regard neuf, des collections à redécouvrir

Le MuCEM gère une collection plurielle, regroupant une diversité d'objets originale dans le monde des musées : tableaux, estampes ou sculptures côtoient mobiliers, outillages, véhicules, bijoux, décors de boutique, vêtements de fête ou traditionnels... Parmi les ensembles exceptionnels, on peut citer la collection textile qui rassemble aujourd'hui, à côté des costumes et accessoires régionaux français, un ensemble unique de textiles européens et méditerranéens, de robes de fêtes, de fourrures, de bijoux... Ou la très importante collection d'imagerie populaire rassemblant les plus célèbres éditeurs du 19e et du 20e siècle. Le monde de la fête et du spectacle est également particulièrement représenté. Les collections d'art forain, les manèges et leurs chevaux de bois, la très belle collection de marionnettes, les jeux de force et d'adresse se mêlent aux objets de la tauromachie, reliques de guitar heroes, robe de scène d'Edith Piaf ou console de mixage des Pink Floyd. Le MuCEM compte également parmi ses fleurons une exceptionnelle collection de plus de 400 reliquaires provenant d'Espagne, d'Italie, de Suisse, d'Israël, d'Allemagne et d'Autriche, du 16e au 20e siècle. La politique d'acquisition du MuCEM a su être innovante et dynamique, grâce aux campagnes de collecte sur des thématiques contemporaines, comme le tag et le graff, entrés dans les collections du musée bien avant l'engouement du marché de l'art pour ce type d'oeuvre. Autre exemple fort, le rock, avec par exemple le fonds inédit de photographies du Golf Drouot témoignant entre autres des débuts de David Bowie ou de Johnny Hallyday.

1/ Fibules argent cabochons corails rouges kabyles 1900 Taka ALGERIE bijoutier TOUDERT © MuCEM / Christophe FOUIN 2/ Imagerie shiite Image de dévotion, Iran, 1ère moitié du 20e siècle © MuCEM / Virginie LOUIS 3/ Polichinelle. marionnette à gaine du Théâtre Anatole. Deuxième moitié du 19e siècle © MuCEM / Danièle Adam

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L 'enrichissement des fonds se poursuit aujourd'hui, en tenant compte des expositions d'ouverture du MuCEM. C'est ainsi qu'entrent progressivement des pièces exceptionnelles et inattendues, comme une maquette de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, datant du 17e siècle. Quel lien entre une panetière provençale, un Coran ancien et une oeuvre de Girardet ? Tous ces objets sont autant de témoignages pour traiter des questions de société dans un grand musée de civilisations. Le MuCEM se propose de relire ses collections pour leur donner un nouveau sens, en les confrontant aux oeuvres des beaux-arts et aux enjeux contemporains. Car c'est bien un regard différent porté sur ces collections qui les feront exister dans ce nouvel écrin.

Les collections en chiffres :

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275 000 objets >150 000 estampes, dessins ethnographiques, affiches, peintures > 500 000 photographies >140 000 cartes postales > 70 000 partitions musicales > 70 000 phonogrammes inédits et édités, soit 5 500 heures > 80 000 ouvrages > 460 heures d'enregistrements audiovisuels

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6 4/ Photo de l'icône melkite Vierge à l'Enfant, Ecole de Jérusalem, fin du 19e siècle © MuCEM / Christophe FOUIN 5/ Coffret, Suède, 1823 © MuCEM / Anne Maigret 6/ Robe de Macédoine en Yougoslavie © MuCEM / Virginie LOUIS 6/ Costume de Clown blanc François Fratellini 1879-1951 © MuCEM / Christophe FOUIN 7/Reliquaire Suisse © MuCEM / Virginie LOUIS

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L'histoire du musée >dates clés

1884 1937 1972 1975 2000 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2009

Ouverture de la salle de France du musée d'ethnographie au Trocadéro Création du MNATP à Paris à partir des collections de l'ancien musée d'ethnographie du Trocadéro. Georges Henri Rivière en prend la direction et expose sa volonté de lier ethnographie, histoire et archéologie et de donner à la recherche une place centrale. Déménagement du musée dans le nouveau bâtiment conçu par Jean Dubuisson sur le site du Bois de Boulogne. Ouverture de la Galerie d'étude qui s'adresse aux spécialistes, aux étudiants et aux collectionneurs. Elle se compose de vitrines consacrées à des thèmes relatifs à la culture populaire française et aux processus technologiques de la société pré industrielle. Ouverture de la Galerie culturelle qui s'adresse au grand public. Elaborée par Georges Henri Rivière, avec le concours de Claude Lévi-Strauss, elle évoque la culture matérielle et immatérielle de la France rurale. Mai : le Comité interministériel d'Aménagement durable du Territoire (CIADT) confirme la délocalisation du MNATP-CEF à Marseille et sa transformation en musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée . Décembre, annonce de la création du musée à Marseille par la ministre de la Culture et de la Communication, Catherine TASCA . Publication du PSC du musée, sous la direction de Michel Colardelle : Réinventer un musée, le musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée à Marseille. Installation d'une Antenne à Marseille chargée d'organiser les expositions et de nouer les partenariats locaux. Première exposition de préfiguration à Marseille, au fort Saint Jean , « Marseille/ Alger. Au miroir des mémoires », dans le cadre d'Al Djazira, Année de l'Algérie en France . 300 000 visiteurs découvriront le Fort grâce à une dizaine d'expositions de préfiguration jusqu'en 2010. Février : Rudy Ricciotti/RTC Associés lauréats du concours d'architecture pour le site de Saint Jean . Septembre : Corinne Vezzoni et Associés, lauréats du concours d'architecture pour le centre de conservation à la Belle de Mai ; ouverture du chantier des collections à Paris. Début de la restauration de la chapelle Saint Jean . Juin : par décret l'appellation musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MUCEM) remplace celle de musée des Arts et Traditions populaires . Juillet : dernière exposition à Paris. Septembre, fermeture définitive au public du site de Paris . Signature de la convention de financement entre l'Etat, la Ville de Marseille, le département des Bouchesdu-Rhône, la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Inauguration de l'Espace Georges Henri Rivière avec l'exposition « Trésors du quotidien ». Restitution du clocher peigne de l'église Saint-Jean. Lancement de la procédure de partenariat public/privé pour la construction du centre de conservation et de ressources. Démarrage du chantier de restauration des remparts et des courtines du Fort Saint-Jean. Septembre : mise en place d'une association de préfiguration du musée dont le directeur est Bruno Suzzarelli. Novembre : séminaire sur la réorientation du MuCEM. Pose de la première pierre du bâtiment du J4 par le ministre de la culture et de la communication, Frédéric Mitterrand. Décembre : signature d'un partenariat public-privé avec ICADE pour la construction du centre de conservation et de ressources. Octobre : lancement du cycle de rencontres Les Mardis du MuCEM, à l'Alcazar, bibliothèque de Marseille à vocation régionale. Novembre : dernière exposition de préfiguration au Fort Saint-Jean : « Paysages sensibles ». Décembre : début des travaux de construction du centre de conservation et de ressources. Mars : Rencontres scientifiques internationales du MuCEM.

2010 2011

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en attendant 2013

Le chantier des collections

Pour pouvoir assurer dans les meilleures conditions le déménagement de l'intégralité de ses collections de Paris à Marseille, le MuCEM a mis en place un chantier des collections. La chaîne de traitement des collections d'objets comporte plusieurs étapes : > Les objets sont d'abord prélevés en réserves, à Paris, et munis d'un code-barre qui permettra d'assurer leur traçabilité tout au long de leur passage dans la chaîne du chantier des collections, jusqu'à leur installation dans les réserves à Marseille. > Vient ensuite l'étape du récolement : on vérifie que l'objet correspond bien à son inventaire et on complète si besoin les informations contenues sur sa fiche informatique (description, matériaux constitutifs...), un constat de l'état physique de l'objet est réalisé. > Chaque objet est ensuite pesé, mesuré et dépoussiéré... > ... avant d'être photographié. > Enfin, l'objet est emballé avec précaution pour le protéger pendant toute la durée de son transfert jusqu'à Marseille où il sera rangé dans le futur centre de conservation et de ressources du MuCEM. Les objets endommagés ou trop fragiles pour supporter le voyage sont extraits de la chaîne de traitement et confiés à un restaurateur. Les différentes étapes du chantier permettent de nourrir la base de données des collections qui constitue le fondement de l'architecture documentaire du musée. Celle-ci doit permettre de mettre en place des outils de restitution à destination du public, sous différentes formes, et ce de manière innovante. Le chantier des collections est un projet de grande ampleur, le premier déménagement de l'intégralité des collections d'un musée national.

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Les publics acteurs du projet

Un nouveau musée à Marseille, ce sera l'opportunité pour les habitants de la ville et des environs de fréquenter régulièrement des expositions, mais également de se promener dans le jardin surplombant la mer, d'assister à des conférences ou à des spectacles, de faire découvrir les civilisations méditerranéennes aux plus jeunes... Encore faut-il que l'offre du musée soit accessible et compréhensible pour tous. L'équipe du musée est donc, dès aujourd'hui, à l'écoute des futurs usagers, de leurs espoirs et de leurs appréhensions, afin de construire un lieu convivial et hospitalier adapté aux rythmes et aux attentes de chacun ; 800 personnes ont notamment été interrogées dès 2010 sur leurs perceptions du projet dans le cadre d'une importante étude préalable à l'ouverture du musée. Un comité consultatif d'usagers a par ailleurs été créé pour suivre l'évolution du projet jusqu'à l'ouverture du site, et accompagner la réflexion des concepteurs de l'offre culturelle. Enfin, un travail de partenariat est d'ores et déjà enclenché auprès de différents acteurs du territoire : associations, centres sociaux, écoles, représentants du handicap, institutions culturelles, acteurs du tourisme...

Les Mardis du MuCeM

Depuis le mois d'octobre 2010, le MuCEM propose une série de conférences pour explorer, découvrir et comprendre les passages entre civilisations de Méditerranée et d'Europe. Conçus par Thierry Fabre, responsable de la programmation et des relations internationales du MuCEM, créateur des rencontres d'Averroes à Marseille, Les Mardis du MuCEM éclairent les grands enjeux du XXIème siècle en présence d'intervenants prestigieux qui viennent partager leurs savoirs et débattre avec le public. Le 2ème mardi de chaque mois, à 18h30, à la bibliothèque de l'Alcazar à Marseille. > Mardi 12 avril 2011 : Une politique de l'esprit, entre Europe et Méditerranée... par Wolf Lepenies > Mardi 10 mai 2011 : Lingua franca, une langue commune entre les cultures ? Par Jocelyne Dakhlia > Mardi 14 juin 2011 : Construire un musée de civilisations du XXIème siècle, par Bruno Suzzarelli, Rudy Ricciotti et Corinne Vezzoni

Les expositions hors les Murs

En 2011, le MuCEM présentera « hors les murs » des expositions de valorisation de ses collections :

> À Paris, « Morceaux exquis »

Du 27 mai au 27 septembre 2011. Espace EDF Electra. Née de la volonté conjointe de la Fondation EDF, du MuCEM et du CNRS, l'exposition « Morceaux exquis » a pour ambition de montrer les représentations du corps humain dans les diverses communautés culturelles du bassin euroméditerranéen. Le corps est une expérience plurielle, sensorielle et émotive qui cristallise l'identité de chacun . Chaque communauté, chaque pays possède ses propres symboles et son propre langage pour le décrire, ainsi le corps devient un support d'expression. Il révèle toute la richesse, l'originalité, la diversité et la longévité des savoirs populaires et de leurs relations avec les domaines normalement réservés à la culture savante (médecine, art, littérature). L'exposition s'articule autour des parties les plus symboliques du corps et des dictons qui les utilise. Elle mobilise des savoirs populaires, des objets d'art ancien et contemporain. Elle renouvelle ainsi notre regard sur le coeur, le foie, la main, les pieds, l'oeil, le nez, la bouche... Voyage sensible et ludique dans la géographie du corps humain, le parcours présente plus de 300 objets d'art et traditions populaires et utilise les mots, les expressions et les dictons de plus de 27 langues nationales et vernaculaires qui projettent sur le corps un regard drôle, émouvant, philosophique, roublard.

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> À Nantes, Tags et graffs- marquer la ville

D'octobre 2011 à janvier 2012. Cette exposition aura lieu d'octobre 2011 à janvier 2012 dans l'ex usine LU de Nantes, centre d'art, de vie et de culture et scène nationale. Elle s'articule autour de la collection tags et graffs du MuCEM, réunies au cours de la recherche menée par Claire Calogirou, chercheur au CNRS et MuCEM. L'objectif de l'exposition est de faire partager à un large public cet art qu'est le graffiti et la culture très vaste à laquelle il renvoie. Le mouvement graffiti est fortement lié dans ses origines nord américaines à l'histoire du hiphop. Issu des quartiers ghettoïsés, il s'est diffusé et diversifié en Europe, qui a toujours été perméable aux influences des cultures noires. Depuis quelques années, le graffiti connait un engouement croissant de la part de galeristes, de collectionneurs privés, de salles des ventes. Un public de plus en plus nombreux, plus particulièrement les milieux jeunes, musicaux, artistiques, de la mode, de la publicité, y est sensible. Il devenait urgent que le MuCEM qui possède une antériorité certaine dans ce domaine prenne place en exposant ses collections européennes. Par une scénographie très urbaine, le spectateur sera plongé dans un univers graffiti dès son entrée dans l'exposition et avant même l'arrivée dans les lieux, par une extension sur des murs extérieurs et dans la ville.

La Société des Amis du MuCeM

Depuis 2006, la Société des Amis du MuCEM s'engage aux côtés des équipes du MuCEM pour soutenir le projet et donner toute leur place aux civilisations euroméditerranéennes. Le nombre de ses adhérents augmente continuellement et aujourd'hui plus de 500 Amis, particuliers, associations et entreprises participent activement à cette exceptionnelle aventure. La vocation de La Société des Amis du MuCEM est d'accompagner le musée dans l'ensemble de ses missions. Elle contribue à faire connaître les projets du musée, ses expositions, sa programmation culturelle ; elle participe aux acquisitions et à la restauration des objets ; elle favorise la recherche et l'enseignement en préparant des actions de coopération avec l'Université, notamment par l'organisation de colloques et de tables rondes. Les Amis accueillent aussi les professionnels et les entreprises afin de susciter leur engagement grâce au mécénat. Les Amis du MuCEM, amateurs, passionnés ou spécialistes, se voient proposer des conférences, des visites privées et des voyages en lien avec l'actualité du musée et des grands événements culturels. Ces rencontres sont le prolongement des échanges et de l'enrichissement que favorise le MuCEM, lieu ouvert à tous et conçu pour faire découvrir et partager les cultures issues de l'Europe et de la Méditerranée.

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>PartieB

Le projet architectural

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Le J4: un bâtiment d'une grande prouesse

technique

Entre ville et mer, sur l'ancien môle portuaire J4, le bâtiment actuellement en construction réalisé par l'architecte Rudy Ricciotti associé à Roland Carta s'intègrera parfaitement au site. « Le projet parle à la fois au ciel, à la mer, au sel et au vent. »

L'architecte a imaginé un musée dans un matériau que lui ont inspiré « le paysage minéral de Marseille et les pierres du Fort Saint-Jean » : le béton. Mais un béton « exceptionnel, à la pointe des dernières recherches scientifiques qui lui permet de faire... de la dentelle ». Ce cube minéral sera enserré sous une résille de béton fibré, des façades brise-vent qui laisseront passer la lumière, l'air et les odeurs d'iode, dans un couloir de promenade intérieur, bordé de douves. Le bâtiment accueillera sur 15 000 m2 deux plateaux d'expositions, des espaces dédiés aux enfants, un auditorium pour la présentation de spectacles, de concerts, de cycles de cinéma, une librairie et un restaurant doté d'une terrasse panoramique.

Le parti conceptuel du projet, par rudy ricciotti

Le parti urbain proposé par l'architecte Yves Lion responsable de l'aménagement de la façade maritime, qui impose un volume global, externe et cubique, une volumétrie horizontale et non rivale avec le Fort Saint-Jean, est accepté comme fondateur du projet au même rang que ses exigences fonctionnelles : au projet d'y creuser son identité. Le paysage, « Le projet inspiré par le perçu comme un paysage de pierre, provoque le choix d'un bâtiment minéral, paysage minéral de Marseille mélange d'austérité dans sa relation visuelle avec le Fort et de générosité et les pierres du Fort Saint-Jean, dans sa relation à l'esplanade. Une protection aux vents d'ouest et de la mer est recherchée. parle à la fois au ciel, à la mer, Un système de douves en eau de mer longe le bâtiment. Un bâtiment dont le au sel et au vent » tracé directeur s'organise sur un principe de composition réalisé à partir du carré : un volume parallélépipédique d'emprise carrée de 72 m de côté recouvre partiellement un volume interne de 52 m de côté, comprenant les salles d'exposition et de conférences identifiées comme le coeur du musée. Ce volume est enserré sous une résille réalisée, comme la structure des espaces intérieurs, en béton de fibre de haute performance de 3 cm d'épaisseur perforé comme une section de roche marine.

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Rudy RICCIOTTI

Né le 22 août 1952 à Alger, Rudy Ricciotti, architecte (UPAM Marseille ­ 1980) et ingénieur (école d'ingénieurs de Genève ­ 1975), lauréat du Grand Prix national de l'architecture en 2006, est représentatif de cette génération d'architectes qui allient puissance de création et véritable culture constructive. Basé à Bandol, il s'affiche comme le militant du combat contemporain sur des terres minées par le régionalisme néo-provençal. Auteur de réalisations marquantes en France, avec notamment le Centre Chorégraphique National d'Aixen-Provence, il a également su gagner une stature internationale, comme en témoignent ses oeuvres en dehors de nos frontières : passerelle pour la Paix à Séoul ou Philharmonie de Postdam. Le 7 novembre 2007, il remporte le concours organisé par la mairie de Paris pour la construction du nouveau stade Jean-Bouin. Il est président des éditions Al Dante (livres, musiques, films, journaux) depuis 2007, il participe et organise des manifestations (lectures, performances, colloques...), et fait partie du comité éditorial de la revue L'architecture d'aujourd'hui .

Cette résille forme un écran sur les façades sud-est et filtre le soleil sur la terrasse accessible située en toiture. Le matériau retenu, à la couleur de poussière mate, hors la vue des consumérismes technologiques, est mis au service d'un éloge du dense et du fragile. Le programme est analysé, au regard des exigences urbanistiques et fonctionnelles, comme un système fédératif et cognitif de six facteurs hiérarchisés : « principes urbains, vues, mer, soleil, image du musée - symbolique, accès. » Dans cette logique, le projet enserre le coeur du musée de deux rampes entrelacées, qui ménagent des vues vers le Fort, la mer et le port, puis donnent accès au Fort. Cette faille périphérique sera une respiration démuséifiante sous l'odeur de l'iode par la proximité des douves d'eau de mer afin de chasser les doutes que l'on pourrait avoir quand à l'usage de l'histoire de nos civilisations. Le Mucem sera une casbah verticale. L'entrée principale est de plain-pied, à l'angle de la Halle et de l'esplanade. Une seconde entrée, plus basse, est accessible depuis la darse. La passerelle vers le fort Saint-Jean démarre de la terrasse, au niveau +16 NGF. Une terrasse abritée du soleil sous une treille en béton, un lieu festif , un lieu ouvert, en transition avec le jardin du Fort SaintJean. Le Fort est perçu comme un paysage âpre, une proue de la ville sur la mer, un milieu aride, solide, ouvert, un lieu où s'associent nature et culture, mémoire et modernité.

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Le Fort Saint-Jean: un jardin

méditerranéen dans un monument historique

Le fort Saint-Jean est un monument historique d'une grande qualité architecturale, héritier d'une longue histoire. Placé à l'entrée du port de Marseille, il est reconnaissable par sa tour du Roy René dont la première construction date vraisemblablement du XIIIème siècle.

La tour du Fanal, qui est devenue une véritable icône de Marseille, fût édifiée en 1644 à la demande des armateurs marseillais. La construction du fort sur l'emplacement de l'ancienne commanderie de SaintJean de Jérusalem, a été décidée par Louis XIV, notamment pour mettre la ville sous surveillance. Le fort reste une enceinte militaire pendant plus de trois siècles. Dépôt de munitions allemandes durant la guerre, il sera gravement endommagé par les bombardements en 1944. Il entre ensuite dans le domaine du ministère de la Culture. Le département des recherches archéologiques et subaquatiques y est installé depuis 1970. Il quittera le fort en 2005 pour un bâtiment spécialement construit pour lui dans le port de l'Estaque. Relié au futur bâtiment du J4 par une passerelle de 130 m de long réalisée par Rudy Ricciotti, le FortSaint-Jean est actuellement en cours de restauration sous la conduite de François Botton, architecte en chef des monuments historiques. L'agence APS, équipe de paysagistes, urbanistes et architectes de Valence a remporté la consultation pour l'aménagement paysager du Fort Saint-Jean. Elle s'emparera du site dès l'automne 2011, pour offrir au public, en 2013, une nouvelle promenade-paysagère dans un jardin méditerranéen de 15 000 m². Croisant l'invitation à la découverte du Fort et la mise en valeur du patrimoine architectural, archéologique et naturel du site, le projet s'inscrit dans une démarche de développement durable et d'éco-responsabilité.

« L'irrégularité du jardin, elle-même, exprime l'épaisseur du temps où la promenade permet de faire correspondre à chaque chose une date et un nom et de reconstituer ainsi l'histoire »

Le Jardin des migrations, par l'agence APS

Sensoriel et didactique, le jardin est conçu comme un livre toujours ouvert, où il faut s'égarer pour y découvrir les preuves de la connaissance, qu'elles relèvent de l'histoire naturelle ou de l'histoire humaine. L'irrégularité du jardin, elle-même, exprime l'épaisseur du temps où la promenade, comme un récit de voyage, permet de faire correspondre à chaque chose une date et un nom et de reconstituer ainsi l'histoire. Surplombant le port de Marseille, lieu d'arrivée des plantes et des hommes, le jardin des migrations évoque, à travers une succession de seize tableaux, le brassage des cultures autour de la méditerranée et des plantes qui les accompagnent. Refusant les élans de décors ostentatoires, la conception met en valeur une expérience multi sensorielle

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L'agence APS

équipe de paysagistes, urbanistes et architectes de Valence a remporté la consultation pour l'aménagement paysager du Fort Saint-Jean. Basée à Valence, l'Agence aps a été créée en 1997 autour de 3 associés, paysagistes dplg diplômés de l'Ecole Nationale Supérieure de Versailles : Jean-Louis KNIDEL, Gilles OTTOU, Hubert GUICHARD. L'Agence est constituée aujourd'hui d'une équipe de 9 personnes. Attachée à la diversité des intentions, l'Agence aps intervient sur des champs d'expériences et d'applications de savoir faire sur des études et projets d'échelles variées en se consacrant volontairement sur l'aire géographique du grand Sud Est de la France : grand paysage et territoire ; grands sites emblématiques naturels, urbains ou patrimoniaux ; projet urbain et urbanisme ; jardins/parcs/places et espaces publics ; sont autant de domaines qui structurent et façonnent le regard et la pensée de l'Agence.

grâce à la diversité des feuillages, des textures et des senteurs. Les passages et niveaux multiples qui animent les lieux du fort se prêtent à une proximité immédiate pour le visiteur attentif ou le promeneur distrait. Cette approche garantit un intérêt tout au long de l'année, indépendamment des périodes de floraison. Elle permet de valoriser une collection botanique de plantes méditerranéennes dans un contexte de jardin sec, demandant un entretien réduit et ne nécessitant aucun arrosage, engrais ou traitement phytosanitaire. Le jardin permet de dépasser l'opposition entre plantes indigènes ou exotiques et invite à réfléchir sur les notions de perméabilité, de flux, de migration et d'évolution. Les migrations du passé permettent de s'interroger sur les migrations du futur. Trésors écologiques du quotidien d'Europe et de Méditerranée, les plantes et les pratiques qui y sont associées sont des supports de mémoire informelle de savoirs, de savoir-faire, de savoir-agir, de savoirêtre, qui nous éprouvent sur notre histoire commune.

un projet ­ une équipe

Basée à Valence, l'Agence aps a été créée en 1997 autour de 3 associés, paysagistes dplg diplômés de l'Ecole Nationale Supérieure de Versailles : Jean-Louis KNIDEL, Gilles OTTOU, Hubert GUICHARD. L'Agence est constituée aujourd'hui d'une équipe de 9 personnes. Attachée à la diversité des intentions, l'Agence aps intervient sur des champs d'expériences et d'applications de savoir faire sur des études et projets d'échelles variées en se consacrant volontairement sur l'aire géographique du grand Sud Est de la France : grand paysage et territoire ; grands sites emblématiques naturels, urbains ou patrimoniaux ; projet urbain et urbanisme ; jardins/parcs/places et espaces publics ; sont autant de domaines qui structurent et façonnent le regard et la pensée de l'Agence. Leitmotiv de ses préoccupations, l'équipe privilégie une démarche « contextuelle, poétique et sensible », pour situer les projets dans leur géographie, en révéler les potentialités et la mémoire mais aussi rendre compte de qualité d'usage et de pratiques sociales. Conscients des enjeux que revêtent ses interventions dans l'horizon des villes et des territoires, ses propositions sont « éco-logiques » grâce à une approche soucieuse de la biodiversité, de la gestion des eaux, du recyclage des matériaux et de la réponse adaptée à chaque situation spatiale. Motivée par l'intérêt de la commande publique, l'Agence aps partage une collaboration étroite et attentive avec ses maîtres d'ouvrage qu'elle accompagne à toutes les étapes de chaque projet (Municipalité, Communauté d'Agglo, Collectivités territoriales, Etat). En fonction de chaque nouveau défi de projet, l'Agence constitue une équipe pluridisciplinaire regroupant autour d'elle des compétences variées : architectes, concepteurs lumière, bureaux d'études techniques, écologues, botanistes...

LES PARTENAIRES DE L'ÉqUIPE

Agence Lumière, concepteur lumière ­ Vinay (38) Sitétudes, bureau d'études d'ingénierie ­ Marseille (13) Antoine Bruguerolle, architecte DPLG ­ Nîmes (30) Olivier Filippi, consultant en végétation méditerranéeenne, pépiniériste spécialiste des jardins secs ­ Mèze (34) Biotope, bureau d'étude sur les milieux naturels ­ Le Luc (83) Enviroconsult, expert en éco-bilan air-énergie-eau- Pertuis (84)

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un écrin pour les collections

Le Centre de conservation et de ressources:

Le Centre de conservation et de ressources est réalisé par l'architecte Corinne Vezzoni associée à André Jollivet (Agence Aura), dans le cadre d'un partenariat public privé confié au groupe Icade.

Les locaux de ce centre, d'une surface de près de 10 000 m2, seront aménagés sur un ancien terrain militaire d'environ 1,20 hectares (quartier Bugeaud de la caserne du Muy). Le projet est conçu de façon à pouvoir envisager l'extension des réserves, dans une deuxième phase. La caserne du Muy est située dans le quartier de la Belle de Mai, à proximité de la gare Saint-Charles. Le voisinage immédiat du Centre interrégional de conservation et de restauration du Patrimoine (CICRP), des archives et des réserves des Musées de Marseille offre l'opportunité d'inscrire ce projet au coeur d'un « pôle patrimonial ». Le bâtiment prendra la forme d'un grand monolithe en béton de pierre. Il offrira près de 10 000 m2 de surfaces utiles, dont plus de 7 000 m2 de réserves organisées par type de matériaux et de collections et réparties sur trois niveaux. Corinne Vezzoni a conçu le centre de conservation en écho à la volumétrie du bâtiment de Rudy Ricciotti, un cube de 72 m de côté, afin d'assurer, d'un site à l'autre, une certaine cohérence de l'institution. Mais à l'inverse de la transparence voulue à Saint-Jean, l'espace du public, elle inscrit dans le secret, la protection, cet espace dédié à la préservation vigilante des collections. S'inspirant de l'oeuvre de Chillida ­ un bloc entaillé, elle a creusé ce cube pour répartir les espaces de travail et de réserves de part et d'autre d'une allée où se distribuent toutes les circulations horizontales et verticales. Ce lieu, le lieu du « trésor », évoque la démarche de la pensée et du travail de l'homme qui creuse, forme et déforme la matière, processus dont résultent les oeuvres conservées. On y accède par une terrasse à quelques degrés, un puits de lumière vient éclairer les salles d'études. Un espace arboré est maintenu sur le site, où s'alignent des locaux techniques et des studios pour les chercheurs de passage. A propos de son travail sur la lumière dans le centre de réserves et de ressources, Corinne Vezzoni indique : « Presque un travail de sculpture : comment la canaliser, l'amener au coeur du bâtiment, la filtrer ou la faire rebondir... ? » Le bâtiment sera terminé à la mi-2012, date à laquelle les premières caisses d'objets commenceront à intégrer le site.

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Corinne VEZZONI

Corinne Vezzoni, née le 21 mai 1964 à Arles, est une architecte marseillaise (école d'architecture de Marseille Luminy ­ Atelier Perrachon, Sbriglio). Installée au sixième étage de La Cité radieuse du Corbusier, l'agence « Corinne Vezzoni et Associés », joue la lumière. Cette lumière que l'architecte aime tant, c'est celle, si particulière, intense ou dérangeante parfois, de Marseille et de son littoral. Une lumière qui l'inspire pour son travail et sa réflexion. Corinne Vezzoni a réalisé des travaux importants, notamment le Palais des Festivals de Cannes, le Tramway de Marseille, ou encore les Archives et Bibliothèque de Prêt des Bouches-duRhône. Elle participe régulièrement à des conférences, débats, colloques nationaux et internationaux, et enseigne en tant que visiteur lors de divers événements.

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Budget d'investissement et financement

Musée des civilisations de l'europe et de la Méditerranée-Marseille

Maitre d'ouvrage Ministère de la Culture et de la Communication Direction générale des patrimoines OPPIC ( Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture) Un musée en trois sites : - un bâtiment neuf, sur le môle J4 - le Fort-Saint-Jean, à l'entrée du port, sur le môle J4, - le centre de conservation et de ressources (CCR) situé dans la caserne du Muy (opération réalisée en partenarait public privé avec Icade ). 199,71 M1 (1) Dont : - Etudes préalables et études sur les opérations : 8,26 M1 - Construction du bâtiment principal sur le môle J4 : 120,16 M1 - Fort Saint Jean ( restauration et aménagement intérieur / exterieur) : 40,61 M1 - Centre de conservation et de ressources ( CCR ) à la Belle de Mai : 30,68 M1 ( dont 1, 78 M1 pour l'acquisition foncière et 28,90 M1 pour le coût d'investissement ( réalisation en partenariat public-privé avec Icade)

(1) non compris le chantier des collections : récollement mise à jour des inventaires informatisés, traitement, conditionnement et transport des collections à Marseille

Maître d'ouvrage mandataire (J4 et Fort saint Jean ) Descriptif global de l'opération du MuCEM

Coût d'investissement

Financement

Etat (Minsitère de la culture et de la communication) : 141,66 M1 Collectivités territoriales : 58,05 M1 (2) dont : - Ville de Marseille : 19,35 M1 - Département des Bouches du Rhône : 19 ,35 M1 - Région PACA : 19, 35 M1

(2) dont 55,41 M5 pour le bâtiment du môle J4 et 2,64 M1 pour le Fort Saint-Jean

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Fort Saint-Jean

travaux monuments historiques

Maîtrise d'oeuvre Descriptif de l'opération Calendrier prévisionnel Entreprises François BOTTON : architecte en chef des Monuments Historiques Consolidations, confortations et restaurations nécessaires à la sécurité et à l'accueil du public: Démarrage des travaux : février 2009 ; fin de l'ensemble des travaux : fin 2012 Phase I: GIRARD/VIVIAN Phase II : SELE

travaux paysagers

Maîtrise d'oeuvre Descriptif de l'opération Calendrier prévisionnel Agence APS Création d'un jardin promenade dans le Fort Saint Jean à Marseille (esplanade haute et cour basse) Concours réalisé Choix ministre du lauréat : Démarrage des travaux : Fin des travaux : entre juillet et décembre 2010 décembre 2010 mi 2011 Décembre 2012

Aménagement des bâtiments

Maîtrise d'oeuvre Descriptif de l'opération Calendrier prévisionnel Rudy RICCIOTTI : architecte mandataire C+T architecture: architecte associé Aménagement intérieur des espaces d'expositions , d'actualité, du centre de formation, du café, de la boutique. Notification du lancement des études : décembre 2010. Démarrage des travaux : mi 2011 - fin des travaux : Décembre 2012

travaux d'accessibilité

Maîtrise d'oeuvre Descriptif de l'opération Calendrier prévisionnel Rudy RICCIOTTI : architecte mandataire C+T architecture: architecte associé Réalisation de travaux d'accessibilité nécessaire à l'ouverture au public des espaces intérieurs du Fort Saint Jean. Notification du lancement des études : février 2011 Démarrage des travaux : mi 2011 Fin des travaux : Décembre 2012

travaux de muséographie

Maîtrise d'oeuvre Descriptif de l'opération En cours de désignation Présentation des collections du MuCEM sur le thème de la fête.

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J4

Maîtrise d'oeuvre Rudy RICCIOTTI : architecte mandataire C+T architecture: architecte associé Descriptif de l'opération Bâtiment neuf à construire, relié au Fort Saint-jean par une passerelle. Surface utile 15 000 m².

Calendrier prévisionnel

Dépôt permis de construire Délivrance permis de construire Redémarrage des études PRO Démarrage travaux terrassements (plan de relance) Démarrage travaux tous corps d'état Livraison bâtiment

septembre 2007 juin 2008 décembre 2008 septembre 2009 juillet 2010 décembre 2012

Entreprises

- Lot 01 : Terrassement ­ dépollution ­ parois moulées ­ pompages : SPIE Fondations - Lot 02 : structure ­ clos & couvert : DUMEZ-FREYSSINET - Lot 03a et 03b : Aménagements intérieurs : MOREAU et JOLISOL - Lot 04 : Appareils élévateurs : OTIS - Lot 05 : CVC ­ plomberie : VIRIOT HAUTBOUT et Energie Sanitaire - Lot 06 : Electricité ­ courant fort ­ courants faibles ­ éclairage : Spie Sud Ouest

Dossier de presse MuCEM / MARS 2011

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Le CCr

Maîtrise d'oeuvre Maîtrise d'ouvrage Surfaces du bâtiment Corinne VEZZONI & André JOLIVET partenariat public-privé Ministère de la culture / ICADE 13 199 m2 SHON ( 17 747 m2 SHOB ) dont 7 265 m2 de réserves et 1 575 m2 de locaux de transit et de travail sur les collections 98 m2 d'expositions temporaires Surfaces proposées accessiblesau public ( total : 1 403 m2) - 98 m2 galeries d'expositions - 234 m2 centre de ressources - 45 m2 consultation 2D - 76 m2 consultation 3D - 950 m2 réserves accessibles Permis de construire le 12 juillet 2010 Démarrage travaux de construction : 9 Décembre 2010 Durée des travaux : 17 mois puis un mois de « marche à blanc » soit un bâtiment livré et fonctionnel en juillet 2012

Calendrier prévisionnel

Entreprise

Eiffage

Dossier de presse MuCEM / MARS 2011

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MuSée DeS CIvILISAtIonS De L'euroPe et De LA MéDIterrAnée

Conseil d'administration de l'association de préfiguration du MuCEM Président : Yves Aubin de La Messuzière Vice-président : Christian Carassou-Maillan Secrétaire : Luc Gruson Trésorière : Marielle Riche Directeur du MuCEM Bruno Suzzarelli Bureaux à Marseille 201 quai du port, 13002 Marseille Téléphone : +33 (0) 4 91 59 06 87 Télécopie : +33 (0) 4 91 59 02 36 Bureaux à Paris 6 avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris Téléphone : +33 (0) 1 44 17 60 00 Télécopie : +33 (0) 1 44 17 60 60 Contact presse Julie Basquin Responsable de la communication et du mécénat Téléphone : +33 (0) 4 91 59 06 95 Mobile : +33 (0) 6 10 63 15 27 [email protected]

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