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octobre 2008 · N° 9

Sommaire p2> p3> · Édito · De nouveaux Attachés de

Recherche Clinique au CHU : le dispositif CeNGEPS et EMRC

p4> p6>

· Affectation des ARCs au CHU · Ouverture du Guichet d'Accueil

pour la Promotion de la Recherche Clinique en Pédiatrie

p8>

· Le CHU accroît sa participation au

Centre de Recherche en Nutrition Humaine d'Auvergne

p 11 >

· Journée interrégionale de

recherche clinique en Pédiatrie

· Premier catalogue

des publications

p 12 >

· Zoom sur une activité de

recherche clermontoise : Nutrition et Cancer de la Prostate

p 14 > p 16 > p 17> p 18>

· La Vigilance des Essais Cliniques · Entretien avec David Balayssac · Brèves · Un travail non publié est un travail

non fait : les Règles de Bonnes Pratiques de Publications concernant les praticiens du CHU

p 20>

· Les lauréats des PHRC 2008 · Agenda

Responsables de la publication : · Alain Meunier Directeur Général du CHU · Pr Claude Dubray Délégué à la Recherche Clinique Comité de rédaction : · Pr Claude Dubray Délégué à la Recherche Clinique · Bernard Belaigues Directeur Général Adjoint · Christian Dualé Médecin Délégué CIC · Lise Laclautre Pharmacien DIRC · Patrick Lacarin Direction Générale Adjointe · Gérald Gouby Attaché de Recherche Clinique

© Service Communication CHU de Clermont-Fd octobre 2008

www.chu-clermontferrand.fr

Nos Challenges

Le paysage de la Recherche Clinique française s'est profondément transformé au cours de ces 3 dernières années et continue à évoluer rapidement.

édito

La transposition de la directive européenne (2001-2020/CE) dans le droit français a sensiblement alourdi le cadre réglementaire des recherches biomédicales (LSP du 9 août 2004 qui est mis en application depuis 2006). Cette démarche, engagée parallèlement dans tous les pays de la communauté européenne, a eu à peu près partout les mêmes effets, à savoir un ralentissement très significatif de la recherche académique... Plusieurs textes réglementaires français se sont révélés très imparfaits (dispositions concernant les soins courants, les collections biologiques, les pharmacies à usage interne, les études non interventionnelles...). Le parcours d'obstacles qu'est devenue la mise en place d'un essai clinique est trop long, il coûte cher à nos structures (temps ARC, administration...) et purge beaucoup d'enthousiasmes, notamment chez les plus jeunes cliniciens. Le ciel va peut-être s'éclaircir un peu grâce au toilettage programmé de ces textes. Restons attentifs aux options retenues... Parallèlement à la révolution de la T2A, la mise en application d'une modulation significative de l'enveloppe MERRI par la production scientifique des établissements modifie fondamentalement la stratégie que devront adopter les CHU. Si nous voulons préserver notre capacité à financer la recherche, c'est-à-dire rester un établissement hospitalier et universitaire, nous sommes contraints à raisonner en termes de retour sur investissements. En pratique, nous devons rapidement mettre en place une politique concertée, claire et fortement incitative qui oriente les financements de la recherche vers les équipes les plus productives. Des signaux forts et récurrents des tutelles nous incitent à développer des réseaux de recherche synergiques et structurés, notamment (mais non exclusivement) au sein de l'interrégion Rhône-Alpes-Auvergne. Nous ne pourrons faire l'économie de réflexions approfondies et urgentes, discipline par discipline. Une stratégie cohérente passe : 1 - par l'identification de nos pôles d'excellence qui doivent se consolider sur des liens opérationnels forts avec d'autres équipes extérieures à notre région, en s'efforçant de garder le leadership ; 2 - par un glissement des thématiques des petites équipes vers les pôles d'excellence locaux ou bien la recherche, pour ces équipes, d'alliances porteuses de synergies avec des pôles extérieurs. Ne pas être proactif dans le contexte actuel est probablement le meilleur moyen de se voir imposer, à court terme, quelques strapontins. Une évaluation précise et régulière de la production des CHU en matière de recherche et d'innovation est déjà opérationnelle par le système SIGAPS. Ce dispositif, qui est aujourd'hui le principal outil de suivi utilisé par la DHOS, sera complété, très prochainement, par des évaluations sur site diligentées par l'Agence d'Évaluation de la Recherche et de l'Enseignement (AERE). Les enjeux de ces évaluations sont majeurs dans la mesure où ils serviront de base pour le calcul de la part variable de l'enveloppe MERRI qui peut financer notre recherche. Dans cette phase mouvante, nous devons collectivement prendre conscience de l'ampleur des transformations et des enjeux qui s'y rattachent. La recherche, qui est indissociable du label universitaire, doit reprendre toute sa place dans les orientations stratégiques de notre établissement. Dans un contexte économique que nous savons difficile, notre mission de recherche et d'innovation doit être présente dans l'esprit de toutes les équipes de soins et de toutes les structures de l'administration pour conserver ce qui fait notre spécificité Hospitalo-Universitaire. Pour être cohérentes et efficaces, les réflexions stratégiques et les orientations retenues devront se faire en parfaite harmonie avec l'Université, les EPST et les autres établissements de l'interrégion. Les résultats seront au rendez-vous si nous réagissons vite, ce qui exige une disponibilité des acteurs de la recherche et de la gouvernance, proportionnelle aux enjeux. L'Histoire nous apprend que les périodes de bouleversements créent autant d'opportunités pour ceux qui savent les saisir que de déconvenues brutales pour ceux qui regardent passer les trains.

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La Recherche en Direct - octobre 2008

Pr Claude Dubray

De nouveaux Attachés de Recherche Clinique au CHU : le dispositif CeNGEPS et EMRC

Lise Laclautre, Patrick Lacarin

1er rang (de gauche à droite) : Virginie Paquet, Agent administratif CeNGEPS, Delphine Roux, Gaëlle Piquemal, ARCs CeNGEPS. 2e rang : Stéphane Bernard, Delphine Portal-Martineau, Christelle Camminada, Aurélie Chausset, ARCs CeNGEPS.

Les ARCs financés CeNGEPS

Le CeNGEPS a été constitué pour mobiliser tous les opérateurs de la recherche hospitalière afin d'améliorer l'organisation des essais cliniques industriels : "Recruter plus, plus vite et mieux". Ce dispositif est né d'un constat des industriels face à leurs difficultés à recruter des patients en France (enquête réalisée pour le compte du LEEM entre 1998 et 2006). L'objectif est : · d'augmenter significativement le nombre des inclusions, raccourcir les délais de mise en place des protocoles, optimiser le travail des investigateurs ; · de réduire le délai d'instruction des conventions financières avec le CHU ; · d'augmenter le taux des inclusions des patients dans les essais ; · de soutenir prioritairement les investigateurs "performants", c'est-à-dire ceux qui ont la meilleure capacité de recrutement. Dans ce cadre, quatre ARCs à temps plein et un agent administratif à mitemps ont été recrutés par la DRCI depuis janvier 2008. Ces ARCs aident à l'inclusion des patients dans les essais cliniques industriels dans les Services hospitaliers. Ils participent également au suivi de l'étude, au recrutement (screening), au recueil des données, à la coordination des examens, au contact avec les ARCs promoteurs. Ces ARCs sont gérés par la DRCI qui décide de leur affectation. Face aux objectifs fixés par le GIP CeNGEPS, leur activité sera évaluée ainsi qu'un bilan des inclusions réalisées. À cet effet, le CeNGEPS demande actuellement à chaque DIRC un rapport d'activité basé sur plusieurs indicateurs : · suivi de l'activité des ARCs recrutés ; · essais terminés en cours de l'année écoulée ; · nombre de malades inclus ; · nombre d'essais cliniques nouvellement réalisés dans l'année ; · délais de signature des conventions.

L'Équipe Mobile de Recherche clinique en Cancérologie (EMRC)

2006 un appel à projets pour dynamiser la recherche clinique et faciliter la participation de malades à des essais thérapeutiques en cancérologie. L'objectif principal des EMRC est d'augmenter de façon significative le nombre de patients inclus dans les essais cliniques de cancérologie dans les établissements hospitaliers et les centres privés. La mission de ces Équipes Mobiles de Recherche Clinique est d'assurer une aide directe aux investigateurs des essais cliniques. Ces ARCs faciliteront notamment la mise en place des essais académiques au sein des établissements de santé de la région Auvergne, participeront au repérage des patients et assureront le suivi des inclusions. Ils partageront donc leur temps de travail entre plusieurs établissements. Ceci également dans la perspective de stimuler l'activité de recherche clinique dans des établissements qui y avaient, jusqu'à présent, peu accès faute de moyens. Après évaluation des dossiers par l'INCa, le réseau régional de cancérologie ONCAUVERGNE, porteur du projet fédératif, s'est vu attribuer deux Équivalents Temps Plein, répartis ainsi : · un ETP affecté au Centre Régional de Lutte contre le Cancer Jean-Perrin · un ETP affecté au CHU de ClermontFerrand

Glossaire

GIP CeNGEPS : Groupement d'Intérêt Public "Centre National de Gestion des Essais de Produits de Santé" EMRC : Équipe Mobile de Recherche Clinique en Cancérologie IRUCA : Institut Régional Universitaire en Cancérologie (Groupement de coopération sanitaire)

Muriel Durand, Aurélie Chausset, Nassera Chalabi

Dans le cadre du Plan Cancer, l'Institut National du Cancer (INCa) a lancé fin

La Recherche en Direct - octobre 2008

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Affectation des ARCs au CHU

Cette cartographie constitue une photographie des lieux d'activité ou d'intervention actuelle des ARCs du CHU de Clermont-Ferrand. Elle n'est pas figée et est amenée à évoluer en fonction des demandes, des appels d'offres ...

Affectation des ARCs par site

H ôp

Pôle M2O

A. Thalamy / Ophtalmologie

Pôle Psychiatrie

O. Blanc / Psychiatrie B I. De Chazeron / Psychiatrie B D. Portal / Psychiatrie B E. Cellarier / Psychiatrie A D. Morand / Psychiatrie A I.Rieu / Psychiatrie A

it al N or d

G

ntpied abriel-Mo

ico - adminis méd tra les Pôle DIM

E. Cellarier

tifs

Pôle Gériatrie

E. Simen / Soins palliatifs

Pôle Recherche clinique

CHU CLERMONT FERRAND ­ DRCI ­ 01/10/08

Pôle Cardiologie

V. Batel / CCV ­ Cardiologie 8 e D. Morand / Cardiologie 6 e

Pôle Chirurgie, Médecine du sport

M. Galvin / Orthopédie

Pôle REUNNIRH

B. Gillet / Pneumologie M. Durand / Pneumologie B. Lamandé / Pneumologie C. Camminada / Pneumologie G. Gouby / Urologie, Endocrinologie

D. Morand D. Roux E. Simen B. Lamandé G. Gouby

Pôle Santé Publique

G. Gouby

Pôle Neurosciences

S. Bernard / Neurologie A I. De Chazeron / Neurologie A D. Morand / Neurologie A et B, Rhumatologie C. Nouhen / Rhumatologie I.Rieu / Neurologie A E. Simen / CETD A. Thalamy / Neurochirurgie

Pôle Anesthésie Réanimation

S. Soule B. Lamandé E. Simen C. Camminada

te

u l-D ie

B. Chanteranne S. Dubost S. Massoulier C. Nicolas M. Durand B. Gillet C. Camminada

Pôle s

Pôle Accueil des Urgences

édico - techni m

Pôle BHIP

D. Morand / Hémato

s que

Pôle Pédiatrie

A. Chausset / Pédiatrie B E. Rochette / Oncopédiatrie

Pôle Radiologie

B. Lamandé / Imagerie Viscérale et vasculaire B. Gillet C. Camminada A. Cabrespine F. Duée C. Latière G. Piquemal

Pôle Digestif et Hépatobiliaire

HGE

Pôle Spécialités Médico-chirurgicales

Dermatologie Hématologie clinique

aires arten P

CRNH

N. Meunier A. Blot

Oncologie digestive

Centre Jean-Perrin

N. Chalabi

C. Nouhen / Odontologie

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La Recherche en Direct - octobre 2008

Service d'affectation / financement

ARCs en Oncologie

Oncologie digestive

B. Gillet / Plan Cancer M. Durand / projet INEC C. Camminada / CeNGEPS

Dermatologie

B. Gillet / Plan Cancer C. Camminada / CeNGEPS

Hématologie clinique

A. Cabrespine Programmes de F. Duée recherches CHU - CJP C. Latière G. Piquemal / CeNGEPS

Oncopédiatrie

A. Chausset / CeNGEPS - Registre E. Rochette / PHRC

Autres Pneumologie

B. Gillet / Plan Cancer B. Lamandé / Convention industriel G. Gouby / Urologie (industriel) E. Simen / Soins palliatifs (Industriel) M. Durand / EMRC A. Chausset / EMRC N. Chalabi / EMRC (CJP)

ARCs sur Crédits CeNGEPS

G. Piquemal (0,5 ETP)

Hématologie clinique

S. Bernard (0,5 ETP)

Neurologie A

D. Roux (1 ETP) A. Chausset (0,5 ETP)

Pédiatrie CIC / CPC

D. Portal (1 ETP) C. Camminada (1 ETP)

Accueil des Urgences Pneumologie Dermatologie Oncologie digestive Psychiatrie B

V. Paquet (0,5 ETP) Agent administratif DRCI

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Ouverture du Guichet d'Accueil pour la Promotion de la Recherche Clinique en Pédiatrie

Pr Justina Kanold - Dr Étienne Merlin

La Recherche Clinique (RC) est un exercice multidisciplinaire qui répond aux exigences d'une véritable démarche scientifique1 et de la réglementation inhérente à l'expérimentation chez l'humain. L'investissement en temps, les obstacles réglementaires, et la méconnaissance de cette démarche qui peut apparaître dissociée de celle du soin, rendent compte des appréhensions de nombreux cliniciens à s'investir dans un projet de Recherche Clinique.

vous pris auprès du secrétariat de Pédiatrie, les personnes qui le souhaitent sont reçues par une équipe composée d'un médecin (J. Kanold ou E. Merlin) et d'un Attachée de Recherche Clinique (E. Rochette). Les projets sont examinés, et une aide est apportée sous la forme d'un premier soutien méthodologique, d'un relais vers les structures de recherche du CHU et de la Faculté, d'une aide réglementaire et éthique (préparation à la soumission à l'avis du Comité de Protection des Personnes), et d'une aide à la mise en forme du projet et à la recherche de financements. Les projets sont examinés par le Comité MédicoTechnique Pédiatrique (voir encadré) avant d'être adressés au Comité Technique du CIC.

Composition du Comité Médico-Technique

Dr Isabelle Petit Ganaelle Remerand (Interne) Emmanuelle Rochette (ARC) Dr Étienne Merlin

J. Kanold

C'est pour répondre à cet objectif que nous avons créé, en décembre 2007, un Guichet d'Accueil pour la Promotion de la Recherche Clinique dans les Services de Pédiatrie. Ce guichet, implanté dans les bureaux de Pédiatrie B, a pour finalité : 1 - de faciliter l'accès à la recherche pour tous les internes et les médecins de Pédiatrie ; 2 - d'aider à la valorisation ; 3 - de développer la recherche industrielle en Pédiatrie. Ce guichet souhaite fonctionner comme l'antenne pédiatrique du Comité Médico-Technique (CIC), figure 1. Un après-midi par semaine, sur rendez-

Cet engagement, parfois trop timide dans un environnement hospitalo-universitaire, est dommageable à double titre. D'une part parce que la RC se nourrit de l'expérience et des interrogations soulevées par la pratique quotidienne. D'autre part parce que le clinicien est l'élément central qui relie les deux autres intervenants dans la démarche de la recherche clinique : le méthodologiste et le patient. L'existence au CHU d'une structure de RC ­ le Centre d'Investigation Clinique (CIC-INSERM 501) dirigé par le Pr Dubray ­ est un atout majeur ; néanmoins des efforts restent à faire pour une véritable intégration de la Recherche Clinique dans les Services de soins du CHU.

E. Merlin I. Petit

E. Rochette L. Laclautre D. Roudeix

Responsable, membre du réseau des CIC pédiatriques Délégué, personne ressource Médecin attaché en Recherche Clinique Attachée de Recherche Clinique Pharmacienne Qualiticienne

Un travail non publié est un travail non fait ! La rédaction et la publication font partie intégrante du travail de recherche. C'est pourquoi le deuxième objectif de

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La Recherche en Direct - octobre 2008

notre Guichet d'Accueil est de valoriser les travaux effectués, notamment dans le cadre de thèses et mémoires de DES, DIU, etc. L'aide à la recherche et à la publication intègre nécessairement une dimension pédagogique à laquelle nous souhaitons contribuer. Le troisième but est le développement de la recherche à promotion industrielle en pédiatrie. Il répond aux objectifs des institutions européennes (EMEA) et françaises (AFSSAPS) de faciliter la mise sur le marché de médicaments à usage pédiatrique, en renforçant la recherche, le développement et l'autorisation pour ce type de médicaments [Règlement (CE) n° 1901/2006 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2006 relatif aux médicaments à usage pédiatrique]. Cette volonté européenne a été consacrée en 2006 par la création d'un comité pédiatrique au sein de l'Agence européenne des médicaments (EMEA), et par l'adoption de mesures incitatives fortes en faveur des industries ayant satisfait à un plan d'investigation pédiatrique (PIP). En effet, plus de 50 % des médicaments prescrits aux enfants aujourd'hui n'ont pas été étudiés et autorisés à cet effet. Où l'évaluation des médicaments chez l'enfant peut-elle se faire mieux que dans un Service de Pédiatrie ? Un mitemps d'ARC dédié à la recherche industrielle est actuellement financé par le Centre National de Gestion des Essais de Produits de Santé (CENGEPS); une étude industrielle prévoyant l'inclusion de 192 enfants a débuté en mai.

L'ouverture de ce Guichet d'Accueil s'inscrit dans le contexte de la participation de Clermont-Ferrand au réseau national des CIC pédiatriques depuis 2007. Il est intégré au Centre Régional de Cancérologie et Thérapie Cellulaire Pédiatrique (Pr Deméocq, Pôle Pédiatrie, Pr Labbé), qui fait partie depuis 2006 de l'Unité INSERM-CIC 501 (Pr Dubray) (Figure 1). Ce Guichet d'Accueil a une dimension régionale par son ouverture à tous les Services de Pédiatrie de la région Auvergne, en particulier aux pédiatres des Centres Hospitaliers Généraux et aux pédiatres libéraux. Il a également une dimension interrégionale par des collaborations privilégiées avec les centres de l'interrégion Auvergne Rhône-Alpes, notamment en cancérologie dans le contexte du Cancéropole AuvergneRhône Alpes (Clara). Cette dimension

interrégionale permet de faciliter la participation et la mise en place d'essais multicentriques nationaux en Pédiatrie Générale, comme c'est déjà le cas en Cancérologie Pédiatrique avec les essais dirigés par les Drs Paillard (Étude RICE : allogreffe à conditionnement non-myéloablatif chez l'enfant), Kanold (Étude Neuromar : Évaluation de la maladie résiduelle dans le neuroblastome) et Merlin (Étude MEG-5 : Mobilisation des Cellules Souches Hématopoïétiques par pegfilgrastim chez l'enfant), et à participer aux essais multicentriques du réseau Pédiatrie. Depuis son ouverture en décembre 2007, l'afflux et la diversité des demandes et des demandeurs attestent du bien-fondé du Guichet d'Accueil ouvert aux juniors mais également aux seniors de Pédiatrie. Le développement de la Recherche Clinique en Pédiatrie sera associé à l'extension du système d'assurance qualité accrédité Iso 9001, existant en Thérapie Cellulaire, et à l'ensemble du Service Clinique de Cancérologie Pédiatrique. Cette démarche se fait en harmonie avec les procédures opératoires standards "recherche" de notre CHU et du réseau des CIC pédiatriques.

Références 1. Popper K. La logique de la découverte scientifique. Paris : Payot, 1973.

Figure 1. Le Guichet d'Accueil pour la Promotion de la Recherche Clinique en Pédiatrie a pour but de faciliter l'accès à la Recherche Clinique des internes et des médecins de pédiatrie.

CIC INSERM 501

Pr Dubray Guichet d'Accueil pour la Promotion de la Recherche Clinique en Pédiatrie

PÔLE PÉDIATRIE

Pr Labbé Pr Deméocq

La Recherche en Direct - octobre 2008

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Le CHU accroît sa participation au Centre de Recherche en Nutrition Humaine d'Auvergne

Pr Noël Cano, Directeur du CRNH Auvergne - Didier Attaix, Directeur Adjoint

Premier Centre de Recherche en Nutrition Humaine créé en France en 1992, le CRNH Auvergne est resté le plus important en terme de production scientifique. En 2007, le CHU a accru sa participation au fonctionnement du CRNH, en mettant à sa disposition du temps de personnel infirmier, diététicien et ARC supplémentaire. Du fait de sa participation, passant de 30 % à 45 %, le CHU est devenu le premier partenaire du CRNH, juste devant l'INRA.

Le CRNH Auvergne a la structure administrative d'un Groupement d'Intérêt Public (GIP). Il associe, au sein d'un GIP six parte, naires : · l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) ; · l'Université d'Auvergne (UdA) ; · le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) ; · le Centre Jean-Perrin (CJP, centre régional de lutte contre le cancer) ; · l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) ; · l'Université Blaise-Pascal (UBP). En 2007, ce GIP a été renouvelé pour huit ans.

3% 3% CJP UBP

· UMR/CNRS 6247, Clermont Université, INSERM U931, 3 équipes de recherche · UR 454 INRA, 2 équipes de Recherche · EA 3844, UdA · ERT CIDAM, ERT 18, UdA- Groupe de recherche UdA "Pathogénie Bactérienne Intestinale" sous contrat INRA (Demande de Jeune équipe CQR 2008-2011) · Laboratoire de Physiologie-Biologie du Sport (UdA et CHU)

muns nécessaires à la recherche en nutrition humaine, et notamment la gestion de l'Unité d'Exploration en Nutrition (UEN) ; · de coordonner les liaisons nécessaires avec toute personne publique ou privée s'intéressant aux objectifs du groupement ou ayant des intérêts communs avec lui.

Évolution des thématiques de recherche

· de 1992 à 2001, les deux thématiques initiales du CRNH ont été : - Métabolisme protéino-énergétique et vieillissement ; - Fraction non énergétique des aliments et nutrition préventive ; · en 2001, une 3e thématique a été adoptée sur proposition de l'évaluation internationale : Intestin, microflore intestinale ; · en 2005, une 4e thématique a été ajoutée : nutrition préventive en cancérologie.

2% 2% CJP UBP

30 % CHU 19 % UdA 1% INSERM 2007

44 % INRA

44 % CHU

31 % INRA 20 % UdA

1% INSERM 2008

Depuis le Conseil Scientifique du CRNH de 2006, le projet scientifique du CRNH a été reconstruit

Le mode de fonctionnement autour de quatre thèmes (métabolisme protéinoénergétique, micronutriments, microbiologie et cancers hormono-dépendants) est apparu préjudiciable à la cohésion du CRNH car il enferme les partenaires dans un mode de fonctionnement de spécialités et donc de cloisonnement entre équipes. Il a donc été proposé un nouveau mode de fonctionnement qui privilégie non plus des thèmes, mais un mode de fonctionnement vertical et horizontal. Quatre axes verticaux ont été définis en raisonnant non plus par thème mais par tissus cibles A - la prévention du dysfonctionnement des tissus osseux et musculaire;

À cette occasion, il est utile de rappeler le rôle fédérateur du CRNH, ainsi que de préciser ses objectifs de recherche prioritaires, qui sont également ceux du CHU : Le CRNH regroupe aujourd'hui 19 équipes de recherche réparties dans 9 laboratoires relevant des différents partenaires : · UMR 1019 INRA/UdA, 8 équipes de Recherche · EA 2416 UdA · UMR 766 INSERM/UdA, 1 équipe de Recherche

Selon la convention de renouvellement du GIP de 2007, le CRNH a pour mission: · de coordonner et d'harmoniser les actions de recherches cognitives ou finalisées menées par chacun de ses membres dans le but de promouvoir le développement des recherches en nutrition conduites à des fins préventives chez l'homme sain, et en particulier chez le sujet âgé ; · de contribuer aux actions d'enseignement, de formation, de promotion ou d'expertise dans le domaine précité ; · d'assurer la gestion de moyens com-

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La Recherche en Direct - octobre 2008

B - la prévention de processus dégénératifs du système cardiovasculaire; C - la prévention de pathologies associées au tractus gastro-intestinal; D - la prévention de cancers hormonodépendants (sein et prostate). L'impact de l'alimentation, celui de la nutrition et de différents autres paramètres constituent autant d'approches pour les travaux concernant ces quatre tissus cibles. Ces paramètres peuvent être regroupés en quatre axes horizontaux 1 - effets de l'alimentation, des nutriments ou des micronutriments; 2 - effets des conditions métaboliques (par exemple : inflammation); 3 - définition de biomarqueurs; 4 - effets du vieillissement et de certaines pathologies, maladies chroniques

Nutrition et longévité

La recherche visant à améliorer la qualité du vieillissement constitue le thème principal du CRNH Auvergne depuis sa création. Son intérêt reste majeur du fait du vieillissement de la population, dont

D. Attaix) : modification de la répartition de l'apport protéique, administration de protéines d'absorption rapide, enrichissement en leucine. Ces résultats sont de première importance. En effet, la sarcopénie qui apparaît

notamment.

L'intérêt de ce mode de fonctionnement est · d'une part, de donner de la lisibilité et de la cohérence aux travaux du CRNH en renforçant les points de convergence entre équipes et en associant les spécialités (par exemple dans l'axe os-muscle en réunissant des compétences respectivement centrées, traditionnellement, autour des micronutriments et du métabolisme protéique), · d'autre part, de favoriser l'émergence d'axes transversaux (études sur les acides aminés soufrés ou l'inflammation). Ce mode de fonctionnement permet également de renforcer l'animation scientifique en s'appuyant sur les axes verticaux correspondant à des buts à atteindre (ce qui était l'un des souhaits de l'expertise internationale du CRNH de 2001). Le quatrième axe transversal du projet scientifique du CRNH permet d'identifier le contexte clinique qui constitue le champ d'investigation des tissus cibles : "Nutrition et Longévité", ou "Nutrition Préventive du sujet âgé", et comme cela a été acté par le dernier conseil scientifique et par la dernière assemblée générale, "Nutrition et maladies chroniques".

Contexte scientifique de l'ostéoporose

un tiers aura plus de 60 ans en 2030, et de l'impact social et économique de ses complications en termes de recours aux systèmes de soins, d'hospitalisations et d'institutionalisation. À titre d'exemple, au cours de ces dernières années les travaux effectués dans ce domaine ont notamment permis de proposer des apports protéiques spécifiques capables de limiter la fonte musculaire (sarcopénie) du sujet âgé (Y. Boirie, D. Dardevet,

au cours du vieillissement est une cause de la perte d'autonomie du sujet âgé, du risque de chute et de fracture et de l'institutionnalisation. De même, dans le domaine de l'ostéoporose, de nouvelles approches, fondées sur l'utilisation de polyphénols, ont été validées chez l'animal, et sont en cours de développement chez l'homme (V. Coxam).

Coupes IRM de cuisses : la masse musculaire diminue avec l'âge

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Nutrition et maladies chroniques

La mise en avant du thème "Nutrition et maladies chroniques" est justifiée à plusieurs titres : les maladies chroniques sont de plus en plus fréquentes et deviennent actuellement l'une des premières causes de mortalité dans le monde. Alors que le risque de mortalité d'origine cardiovasculaire diminue progressivement et que celui de mortalité par cancer évolue peu, le nombre de décès liés aux maladies chroniques est en croissance constante. Ainsi, les

domaine de la recherche translationnelle. L'implication grandissante du CHU parmi les constituants du GIP et la création d'une Unité Mobile de Recherche en Nutrition devrait participer à l'augmentation de l'activité de recherche clinique ; · vers une activité de recherche multicentrique, régionale, nationale et européenne, seul moyen de réunir des cohortes suffisantes de patients dans le but d'évaluer leur statut nutritionnel, l'impact pronostic de la dénutrition et l'efficacité du traitement de la dénutrition.

Dans de multiples circonstances, l'intervention nutritionnelle est apparue capable d'améliorer la qualité de vie, le degré de handicap et la survie des patients porteurs de maladies chroniques. Les données actuelles plaident pour une approche multimodale du traitement de la dénutrition au cours des maladies chroniques associant : · éducation thérapeutique ; · support nutritionnel ; · réadaptation fonctionnelle ; · et parfois hormonothérapie substitutive. Les pathologies concernées sont particulièrement les insuffisances d'organes (insuffisances rénales, respiratoire, cardiaque, hépatique, intestinale), les infections chroniques telles l'infection HIV et les affections neurologiques chroniques. La thématique "Nutrition et Cancer" doit également se développer sur le terrain de la Recherche Clinique, avec la mise en place de protocoles de recherche impliquant les Services de Cancérologie Clinique et l'Unité d'exploration Nutritionnelle du CRNH.

broncho-pneumopathies chroniques obstructives sont en passe de devenir la 3e cause de mortalité dans les pays développés. La dénutrition, dont la prévalence est d'environ 40 % au cours des maladies chroniques, est un élément déterminant du pronostic en termes de survenue de complications, d'importance du handicap, de la nécessité de recours aux soins, du nombre et de la durée des hospitalisations, ainsi que de la mortalité. Ainsi, chez le patient insuffisant rénal traité par hémodialyse, la mortalité annuelle passe de 10 à 30 % en cas de dénutrition. Le thème "Nutrition et maladies chroniques" est un thème émergeant dans le champ de la nutrition. Il constitue une ouverture : · pour la collaboration avec les cliniciens du CHU et particulièrement dans le

Noël José-Marie Cano, né le 26 décembre 1949 à Sidi-Bel-Abbès (Algérie), marié, deux enfants

·Docteur en Médecine, Médecin Nutritionniste, Hépatogastroentérologue, Réanimateur Médical. ·Docteur en Sciences, Titulaire de l'Habilitation à Diriger des Recherches, Professeur des Universités. ·Ancien Président du Comité Éducationnel et de Pratique Clinique de la Société Francophone Nutrition Clinique et Métabolisme. ·Guideline Officer, responsable des recommandations pour la pratique clinique au sein de l'European Society of Clinical Nutrition and Metabolism. ·Thématique de Recherche Principale: "Dénutrition associée aux maladies chroniques" ·Directeur du CRNH Auvergne depuis le 1er octobre 2007

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La Recherche en Direct - octobre 2008

Journée interrégionale de Recherche Clinique en Pédiatrie

Pr Claude Dubray

Dr Jacqz-Aigrain

Cette réunion, à laquelle ont assisté l'ensemble des acteurs de la recherche en Pédiatrie (Internes, Chefs de Clinique assistants, Praticiens Hospitaliers et Universitaires...) arrivait de façon très opportune pour plusieurs raisons :

1 - incitation forte de l'Agence Européenne du Médicament (EMEA) et de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) pour développer l'étude des médicaments à usage pédiatrique qui présentait un décalage inacceptable comparativement aux évaluations faites chez l'adulte ; 2 - structuration de la recherche pédiatrique française au cours de l'année 2008, dans le cadre du réseau national des CIC à valence pédiatrique et du soutien spécifique du CeNGEPS à ce réseau ; 3 - mise en place d'un guichet et d'un bureau de Recherche Clinique spécifique au Pôle Pédiatrique.

Cette journée a été l'occasion de mieux connaître le fonctionnement du réseau national des CIC pédiatriques présenté par le Dr Jacqz-Aigrain (Hôpital RobertDebré) et de voir concrètement les implications des équipes clermontoises dans ce réseau. Cette rencontre a été également l'occasion de présenter aux investigateurs clermontois la structuration de la Recherche Clinique au plan local et interrégional, le fonctionnement du Guichet de Recherche Pédiatrique et la réglementation concernant spécifiquement les recherches cliniques chez l'enfant. L'après-midi était consacré à des présentations plus techniques abordant des aspects méthodologiques ou pharmacogénétiques qui ont donné lieu à des échanges particulièrement intéressants, échanges qui se sont poursuivis avec la présentation de quelques essais cliniques actuellement réalisés par les équipes pédiatriques clermontoises. À l'issue de cette journée riche en informations, en contacts, en discussions, les avis étaient assez unanimes pour souhaiter que cette opération soit renouvelée. C'est au comité de coordination d'en décider la périodicité.

ÉDITION DU 1ER CATALOGUE DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES DU CHU

Cette première édition des publications scientifiques des équipes médicales du CHU a été réalisée à partir des données de la base SIGAPS et couvre, par pôle d'activité, la période 2004 à 2007. La version au format pdf de ce recensement est disponible sur le site Internet du CHU de Clermont-Ferrand, www.chu-clermontferrand.fr dans la rubrique "Recherche Clinique et Innovations".

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Zoom sur une activité de recherche clermontoise : Nutrition et Cancer de la Prostate

Dr Laurent Guy - Service d'Urologie du CHU de Clermont-Ferrand

En Europe de l'ouest et notamment en France, le cancer de prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme et constitue une des causes majeures de décès. Les chiffres constatés en Europe et en Amérique du nord contrastent avec la fréquence de ce cancer dans les pays asiatiques dans lesquels l'incidence clinique est significativement beaucoup moins élevée, de l'ordre de 10/100 000 par exemple au Japon, ce qui représente une fréquence plus de 10 fois moins importante. À l'inverse, l'incidence du cancer de prostate latent ou microfocal semble être sensiblement la même de par le monde et ne semble pas liée à des facteurs raciaux ou géographiques.

L'incidence du cancer de prostate augmentant nettement avec l'âge, il semblerait que cette pathologie puisse être considérée comme un phénomène naturel du vieillissement. Au stade infra-clinique, une étude autopsique de sujets décédés de cause traumatique, avait révélé que ce cancer existe de façon microscopique dès la quatrième décennie chez 25 à 30 % des sujets. À 60 ans, le risque d'avoir un cancer de prostate microscopique est approximativement de 60 % et semble donc identique à travers le monde. L'ensemble de ces données sur les variations dans l'évolution vers un cancer clinique alors que son incidence infra-clinique est mondialement la même évoque la possibilité de facteurs environnementaux influençant la progression de cette néoplasie. Le développement de cette pathologie se fait sur plusieurs décennies elle est donc particulièrement sensible à une modulation par des facteurs environnementaux, notamment nutritionnels. Une alimentation asiatique pourrait ralentir la progression de lésions de néoplasie intra-épithéliale vers une tumeur clini-

quement significative. L'influence de tels facteurs s'appuie également sur le fait que les émigrants japonais et chinois acquièrent, en une génération, une incidence de cette pathologie multipliée par un facteur de 4 à 9 par rapport à celle de leur pays d'origine, ce qui va à l'encontre de l'intervention de facteurs génétiques pour expliquer ces différences d'incidence. Parmi les facteurs environnementaux, la nutrition pourrait donc être un facteur important inhibant ou favorisant, selon les nutriments, la progression d'un cancer prostatique microscopique. Dans ce domaine, les études réalisées ont essentiellement porté sur trois constituants nutritionnels : les graisses qui aurait un rôle stimulant le cancer de prostate, les phytoestrogènes avec notamment les dérivés du soja (isoflavones) et d'autres micronutriments, tels que les vitamines ou le sélénium, qui auraient tous globalement un rôle protecteur. Les structures académiques clermontoises étant particulièrement orientées vers la nutrition avec notamment différentes structures INRA, le Centre

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La Recherche en Direct - octobre 2008

National de Recherche en Nutrition Humaine et le laboratoire d'oncogénétique du CBRV (Centre Biomédical de Recherche et Valorisation), il nous avait semblé possible de développer cette thématique. Au total, deux internes de notre service ont effectué des Masters 2 sur ce thème de recherche et un autre est en cours. L'INRA de Clermont possédant une très bonne connaissance des micronutriments et notamment des isoflavones, nous avions décidé de focaliser notre thématique de recherche sur l'impact des phytoestrogènes dans la prévention du cancer prostatique. Pour débuter dans cette thématique, nous avions, dans un premier temps, effectué des cultures cellulaires en testant différents phytoestrogènes sur les lignées cellulaires de cancer de prostate les plus communément utilisées. Nous avons reproduit les données de la littérature en démontrant que les formes natives des isoflavones étaient responsables à forte dose d'une inhibition de la prolifération cellulaire avec un effet plus important sur les LNCaP (lignées cellulaire hormono-sensible) que sur les deux autres lignées cellulaires. Nous avons également testé l'association de lignanes (entérolactone et entérodiol) et d'isoflavones sur les mêmes lignées et avons pu mettre en évidence un effet additif de ces molécules. Toujours dans le même axe, nous avons également testé, sur un modèle de cancer prostatique humain hétérotopique développé chez la souris SCID, l'impact de différentes alimentations sur le développement de la tumeur. Notre modèle ne nous a pas permis l'obtention

de résultats suffisamment probants pour envisager leur publication. Dans le même temps, nous avons également déposé un PHRC pour une étude clinique dont l'objectif était d'évaluer l'impact d'une prise d'isoflavone sur l'évolution du PSA pour des cancers de prostate devenant hormono-résistants. Afin de mieux comprendre les mécanismes d'action des isoflavones, il nous semblait également essentiel de connaître avec précision la biodisponibilité exacte de ces composés. Nos objectifs étaient de fournir des informations nécessaires à la réalisation d'études in vitro dans le but de réaliser les analyses les plus pertinentes possibles, tenant compte des concentrations sériques et prostatiques optimales et des formes tissulaires retrouvées. Le protocole consistait en une prise d'isoflavones pendant les trois jours précédant une intervention pour hypertrophie bénigne de la prostate et en une analyse sanguine et tissulaire en chromatographie en phase aqueuse et spectrométrie de masse. Au total, après avis du CPP (Comité de Protection des Personnes), 16 patients (12 supplémentés en isoflavones et 4 témoins) ont été inclus. Les résultats obtenus ont démontré que les formes présentes aussi bien au niveau du plasma que du tissu prostatique étaient essentiellement des formes monoglucuronidées de génistéine et de daidzéine. Les concentrations totales d'isoflavones mesurées dans la prostate atteignaient 1,05 ± 0,62 nmol/g de tissu (0,30-2,23) lors du prélèvement effectué 12 heures après la dernière prise d'isoflavone.

Il nous semble donc indispensable d'investiguer les mécanismes d'action des isoflavones dans des études cellulaires in vitro utilisant des conditions physiologiques, c'est-à-dire des concentrations intracellulaires inférieur à 5 nmol/g et avec des métabolites mono-glucuronidés de génistéine et de daidzéine. Dans cette perspective, nous étudions actuellement les effets des glucuronides d'isoflavones de soja, utilisés à des doses physiologiques, sur les modifications d'expression de gènes sélectionnés. Enfin, dans une démarche de caractérisation de l'expression des gènes dans le cancer de prostate, il nous est apparu essentiel de considérer, outre les modifications transcriptomiques, celles impliquées dans la régulation épigénétique des gènes. Pour cela, nous étudions actuellement ­ et cela fait l'objet d'un Master 2 de l'un de nos internes ­ l'influence que pourrait avoir la génistéine sur la méthylation de l'ADN et l'acétylation des histones. Ce DEA est effectué dans les locaux du laboratoire d'oncogénétique du CBRV.

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La Vigilance des Essais Cliniques

Lise Laclautre - Ève Parry

La transposition dans le droit français de la Directive européenne 2001-2020/CE par la loi de santé publique du 9 août 2004 et son décret d'application du 26 avril 2006 a modifié la mise en oeuvre de la Recherche Clinique sur l'être humain, encadrée depuis 1988 par la loi Huriet-Sérusclat. Dans ce nouveau cadre, le promoteur occupe une place centrale avec des responsabilités accrues, notamment en ce qui concerne les vigilances.

Le CHU de Clermont-Ferrand en tant que promoteur institutionnel d'essais cliniques a dû s'adapter à ces nouvelles missions, en particulier dans le domaine de la gestion de la vigilance des essais cliniques interventionnels. Un circuit des événements indésirables graves a donc été mis en place, dès 2006, afin de respecter les nouvelles dispositions législatives et réglementaires de la loi de santé publique.

Quelques définitions (décret n° 2006-477 du 26 avril 2006)

· Événement indésirable : toute manifestation nocive survenant chez une personne qui se prête à une recherche biomédicale, que cette manifestation soit liée ou non à la recherche ou au produit sur lequel porte cette recherche. · Effet indésirable : toute réaction nocive et non désirée liée à un médicament et/ou produit expérimental (c'est-à-dire au produit à l'étude mais également le ou les produits mis en comparaison lors d'essai comparatif), quelle que soit la dose administrée ou au dispositif médical de l'étude ou à la recherche. · Événement ou effet indésirable grave : tout événement ou effet indésirable qui : - entraîne la mort ; - met en danger la vie de la personne qui se prête à la recherche ; - nécessite une hospitalisation ou la prolongation d'une hospitalisation ; - provoque une incapacité ou un handicap importants ou durables ; - se traduit par une anomalie ou une malformation congénitale. · Fait nouveau : événement concernant le déroulement de la recherche ou le produit faisant l'objet de la recherche

susceptible de porter atteinte à la sécurité des personnes qui se prêtent à la recherche. Exemples de faits nouveaux : · augmentation cliniquement significative de la fréquence d'apparition d'un effet indésirable grave attendu ; · un événement indésirable grave susceptible d'être lié aux procédures de l'essai clinique ; · une efficacité insuffisante du médicament expérimental dans une maladie à pronostic vital ; · des résultats d'analyses intermédiaires pertinents quant à la sécurité des personnes (notamment une efficacité insuffisante) ; · des résultats d'études menées chez l'animal et qui apporteraient des éléments nouveaux sur la sécurité du produit.

Les responsabilités du promoteur

Le promoteur est responsable de l'évaluation continue du rapport bénéfice/risque du médicament et/ou dispositif médical expérimenté ou de la recherche. Cette responsabilité s'articule autour de cinq missions remplies, au CHU de Clermont-Ferrand, par la Délégation à la Recherche Clinique et à l'Innovation (DRCI) en collaboration avec le Centre Régional de Pharmacovigilance (CRPV) : · tenue d'un registre des événements indésirables rapportés. Ce registre est mis à disposition de l'autorité compétente et du CPP sur demande ; · analyse des événements indésirables rapportés ; · gravité ; · lien de causalité avec le(s) produit(s) à l'essai (médicament expérimental et/ou dispositif médical ou autre), le(s) procédure(s) de l'essai, le(s) éventuel(s) traitement(s) associé(s), une maladie intercurrente ou une autre raison. Tous les événements indésirables pour lesquels le promoteur ou l'investigateur estime qu'une relation de causalité avec le médicament et/ou dispositif médical expérimenté ou la recherche peut être envisagé sont requalifiés en effets indésirables ou en faits nouveaux lorsqu'ils sont susceptible de porter atteinte à la sécurité des personnes qui se prêtent à la recherche. · caractère attendu ou inattendu des effets indésirables. Cette qualification est déterminée sur la base de la liste des effets indésirables graves attendus figurant dans le protocole ou le document de référence. · codage des événements indésirables rapportés à l'aide du dictionnaire MedDRA® (Medical Dictionary for Regulatory Activities) ;

Les responsabilités de l'investigateur

· Notifier par un rapport écrit au promoteur tous les événements indésirables graves. Cette notification doit se faire sans délai à compter du jour où il en a connaissance et être suivie rapidement par un ou des rapports complémentaires détaillés. · Évaluer la gravité ainsi que le lien de causalité de l'événement avec chaque médicament et/ou produit ou dispositif médical expérimental ou la recherche elle-même. · Lister obligatoirement et de manière exhaustive les effets indésirables graves attendus dans le cadre du protocole. Cette liste des effets indésirables graves attendus doit figurer dans le protocole dans un paragraphe dédié à l'évaluation de la sécurité ou dans un document de référence (Résumé des caractéristiques du produit pour les médicaments, notice d'instruction pour les dispositifs médicaux ou brochure investigateur).

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La Recherche en Direct - octobre 2008

· EFFETS INDÉSIRABLES

GRAVES ET INATTENDUS = EIGI ou SUSAR* *Suspected Unexpected Serious Adverse Reaction

7 jours: décès mise en jeu du pronostic vital 15 jours: autres

· FAITS NOUVEAUX

démarche essentielle dans l'évaluation des médicaments/dispositifs médicaux expérimentaux et fait partie intégrante de la bonne conduite d'une recherche biomédicale.

15 jours

Organisation pratique au sein du CHU de Clermont-Ferrand

La DRCI et le CRPV ont organisé un mode de fonctionnement adapté pour faciliter la notification par l'investigateur : une procédure de déclaration d'un événement indésirable grave (PO.06 007) accompagnée de formulaires spécifiques est à disposition et un contact téléphonique est possible pour toutes informations complémentaires.

AFSSAPS/DGS CPP EMEA

(recherche avec médicament expérimental)

AFSSAPS/DGS CPP

· déclaration des effets indésirables graves rapportés : - immédiate pour les effets indésirables graves et inattendus ainsi que pour les faits nouveaux ; - non immédiate pour les effets indésirables graves attendus. · rédaction d'un rapport annuel de sécurité contenant toutes les informations de sécurité disponibles avec notamment la liste de tous les effets indésirables graves attendus ou inattendus. Ce rapport est transmis à l'autorité compétente (AFSSAPS ou DGS) et au CPP. Le promoteur doit également informer les investigateurs de toutes données qui pourraient avoir un impact défavorable sur la sécurité des personnes.

· un notificateur ou un déclarant identifiable (investigateur). Elle doit être complétée le plus précisément possible et transmise le plus rapidement possible. Si des données sont manquantes, cette déclaration initiale sera complétée par une ou plusieurs déclaration(s) de suivi (possibilité de joindre les comptes anonymisés d'hospitalisation, d'examen et/ou de résultats de laboratoire).

À cette fin vous pouvez joindre :

La transmission des événements indésirables qui surviennent chez les personnes qui se prêtent à une recherche biomédicale doit être vécue comme une · Lise Laclautre - Praticien Attaché Délégation à la Recherche Clinique et à l'Innovation au 04 73 17 84 15

Que retenir du circuit des événements indésirables graves?

*EIGI : Effet Indésirable Grave et Inattendu *EIGA : Effet Indésirable Grave et Attendu *RAS : Rapport Annuel de Sécurité La déclaration initiale faite par l'investigateur doit comprendre au minimum les éléments suivants : · un identifiant de la recherche ; · un médicament / produit ou un dispositif médical expérimental suspecté ; · un patient identifiable par son numéro de code dans la recherche ; · un événement indésirable grave ;

· INVESTIGATEUR: ÉVÉNEMENTS INDÉSIRABLES GRAVES

GRAVITÉ CAUSALITÉ

Déclaration immédiate · PROMOTEUR: EFFETS INDÉSIRABLES GRAVES

GRAVITÉ CAUSALITÉ ATTENDU/INATTENDU

Déclaration dans les 7 ou 15 jours pour les EIGI*

pour les EIGA*

Déclaration dans le RAS*

INVESTIGATEURS

CPP

AUTORITÉ COMPÉTENTE

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Entretien avec David Balayssac

Entretien réalisé par Patrick Lacarin

David Balayssac a été recruté en qualité de Praticien Attaché au 1er octobre 2007 au sein de la Délégation à la Recherche Clinique et à l'Innovation, en charge du volet Innovations

Vous venez de prendre vos fonctions en qualité de Praticien Attaché à la DRCI, pouvez-vous tout d'abord nous présenter votre parcours professionnel ? Je suis pharmacien de formation, ancien interne et ancien assistant du CHU de Clermont-Ferrand. Durant mon internat, j'ai pu obtenir un DEA de Toxicologie et soutenir une thèse d'Université en Toxicologie : "Implication des transporteurs membranaires dans les neuropathies induites par les anticancéreux" sous la direction du Pr François Coudoré (laboratoire de Toxicologie, UFR de Pharmacie) et au sein de l'Unité Inserm 766 du Pr Alain Eschalier. Ensuite, j'ai effectué trois ans d'assistanat à la Pharmacie Centrale du Pr Jean Chopineau. J'ai donc une formation large allant de la recherche fondamentale à la pratique. Quelles ont été vos motivations pour intégrer cette fonction ? Deux choses ont motivé mon choix professionnel. D'une part, l'innovation thérapeutique et diagnostique est un domaine mal

connu, qui est pourtant l'intermédiaire entre la Recherche Clinique et la pratique courante. En effet, certaines innovations, bien que validées par la Recherche Clinique, ont du mal à être diffusées et notamment à cause de leur coût élevé. Il est donc nécessaire de se joindre à l'action des praticiens pour obtenir une démarche d'évaluation, de valorisation et de diffusion des innovations. In fine, cette nouvelle prise en charge thérapeutique doit profiter aux patients. D'autre part, ce poste aux innovations est totalement nouveau. En quelque sorte, il est nécessaire de créer une activité dont le but est la gestion et la promotion des innovations aux CHU de Clermont-Ferrand. Cet appel de l'inconnu est plutôt motivant. Enfin, je dois admettre que je savais que mes potentiels futurs collègues étaient dynamiques et humains, ce qui a conforté mon choix d'intégrer cette nouvelle équipe. En quoi consistent exactement vos fonctions de Praticien Attaché à la DRCI ? Simplement à aider la promotion de l'innovation au CHU de ClermontFerrand. Cette promotion s'effectue d'une part via les programmes nationaux de

Soutien aux Techniques Innovantes Couteuses (STIC) dans les thématiques cancer et hors cancer. Dans ce cadre, je coordonne les informations envoyées par la DHOS et l'INCa, et surtout je recueille toutes les informations utiles associées à ces STIC auprès des coordonnateurs de projet (CHU et CLCC), de la FNCLCC, de la DHOS et de l'INCa. Je suis une sorte d'intermédiaire entre toutes ces sources d'information et les praticiens du CHU de Clermont-Ferrand. D'autre part, au niveau local, j'aide les praticiens dans leur projet d'innovation en préparant les projets destinés à la Commission des Innovations, dont le Pr Denis Pezet est le président. Enfin, j'ai participé avec M. Bernard Belaigues et le Pr Denis Pezet à l'organisation de la 2e Journée Régionales des Innovations Hospitalières. Quelles sont vos perspectives à court et à moyen terme ? Dans l'immédiat, il serait bien que l'on arrive à augmenter le nombre de STIC auquel le CHU participe. On serait plutôt bien parti cette année pour accroître notre participation aussi bien dans la thématique cancer que hors cancer. Les équipes clermontoises sont très motivées et c'est encourageant. Pour la campagne STIC 2008, le CHU de Clermont-Ferrand devrait participer à 7 STIC (4 STIC hors cancer et 3 STIC cancer), ces résultats sont prometteurs d'autant plus que le nombre de STIC retenus au plan national était limité (5 STIC hors cancer et 5 STIC cancer). À moyen terme, il faudrait que le CHU de Clermont-Ferrand soit coordonnateur d'un ou plusieurs projets de STIC. Il y a plusieurs pistes à explorer au CHU de Clermont-Ferrand. C'est un travail complexe, car il faut associer une thématique d'intérêt en termes de prise en charge des patients, un bon protocole médico-économique, et rallier au projet les équipes d'autres CHU.

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La Recherche en Direct - octobre 2008

Brèves

STÉPHANIE BANNIER, LAURÉATE DU PRIX DE LA MEILLEURE COMMUNICATION ORALE

À l'issue des présentations faites dans le cadre de la journée de la recherche organisée le jeudi 22 novembre 2007 à la faculté de Médecine et Pharmacie de Clermont-Ferrand, le prix de la meilleure communication orale, d'une valeur de 1 000 , a été attribué par le CHU de Clermont-Ferrand au Dr Stéphanie Bannier, Chef de Clinique des UniversitésAssistant des Hôpitaux en Neurologie. La présentation faite par le Dr Bannier consacrée au surpoids après stimulation chronique du noyau sous-thalamique dans la maladie de Parkinson s'inscrit dans les travaux réalisés au sein de l'EA 3845 (Neuro-psycho-pharmacologie des systèmes dopaminergiques sous-corticaux). La remise officielle de ce prix a été effectuée lors de la dernière réunion

du Comité de la Recherche en matière biomédicale et de santé publique le 5 mai 2008. La journée annuelle de la recherche est organisée par l'Institut Fédératif de Recherche Santé Auvergne, en collaboration avec l'Université d'Auvergne, le

CHU de Clermont-Ferrand et le Comité de la Recherche en Matière Biomédicale et de Santé Publique. Cette journée est l'occasion de présenter et de valoriser les projets de recherche, fondamentales ou cliniques, réalisés en Auvergne dans le domaine de la Santé.

DES NOUVELLES DE LA DIRC RHÔNE-ALPES AUVERGNE

Monsieur le Professeur Claude Dubray, Délégué Régional à la Recherche Clinique Auvergne, a été élu Président de la DIRC Rhône-Alpes Auvergne pour une année à compter du 1er septembre 2008. Il succède ainsi au Pr Gilles Salles (HCL) et au Pr Hervé Decousus (CHU SaintÉtienne) qui ont assuré cette présidence respectivement en 2006 et 2007.

CONTRAT D'INTERFACE INSERM

Au terme de l'appel d'offre lancé au titre de 2007 par l'Inserm, le Dr Denis Gallot (Gynécologue-Obstétricien dans le Service du Pr Jacquetin) a été admis à bénéficier d'un Contrat d'Interface Inserm pour une durée de cinq ans à compter du 1er janvier 2008 dans le cadre de ses travaux portant sur les traitements adjuvants de l'occlusion trachéale pour hernie diaphragmatique congénitale : "Intérêts de l'acide rétinoïque administré dans la trachée foetale". Le Dr Gallot sera accueilli dans la formation de recherche clermontoise Génétique, Reproduction et Développement (GReD) (UMR 6247).

Karem Slim est Praticien Hospitalier, chirurgien des Hôpitaux dans le service de Chirurgie Digestive au CHU de Clermont-Ferrand. Déjà rédacteur en chef aux Annales de chirurgie, il est depuis 2007 Rédacteur en chef pour les articles originaux du Journal de chirurgie. Il a aussi publié un ouvrage intitulé Pratiques validées en chirurgie (Paris : Elsevier, 2004).

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Un travail non publié est un travail non fait : les Règles de Bonnes Pratiques de Publications concernant les praticiens du CHU

Pr Claude Dubray - Patrick Lacarin

La production de connaissances et leur reconnaissance par la communauté scientifique apparaissent depuis longtemps comme des critères incontournables de l'évaluation de la qualité de la recherche tant à l'échelon individuel qu'institutionnel. L'importance des indicateurs bibliométriques s'est encore accrue récemment car ils sont de plus en plus utilisés par les décideurs pour orienter leur stratégie, classer les structures, accorder les subventions. Cette situation est particulièrement d'actualité dans les CHU avec le passage progressif à la tarification à l'activité (T2A) qui concerne les soins mais aussi l'enveloppe MERRI destinée à valoriser l'activité de recherche dans les établissements hospitalo-universitaires. Dans ce contexte, il devient crucial que chaque publication à laquelle a participé un praticien hospitalier du CHU (mono ou bi-appartenant) soit identifiée comme telle par les organismes chargés de mener les enquêtes bibliométriques à partir des bases de données reconnues internationalement (Medline, Institute for Scientific Information (ISI)...). Plusieurs exemples récents nous montrent que de très nombreuses publications passent au travers de ces filtres en raison d'adresses des auteurs trop hétérogènes. Pour redresser efficacement la situation il est nécessaire de comprendre, dans les grandes lignes, comment les filtres bibliométriques identifient le rattachement institutionnel des auteurs à partir de leurs adresses. Ainsi, dans une adresse libellée de la

manière suivante : "Univ Paris 05, Hop Cochin, CNRS, UMR 8104, INSERM, U 587, Inst Cochin, Dpt Immuno, F75014, France", seule l'Université Paris V, figurant en début d'adresse, avant la première virgule, sera identifiée par les bases bibliométriques comme étant l'organisme ou l'établissement auquel est rattaché l'auteur de l'article. Tous les autres passent totalement "à la trappe !" En effet, pour extraire le nom de l'organisme de recherche, les systèmes informatiques ne prennent en compte que la séquence de caractères précédant la première virgule. La logique de fonctionnement des bases de données et des filtres bibliométriques exige donc que : · Pour chaque auteur, on crée autant d'adresses qu'il ou elle a d'organisme(s) ou d'établissement(s) de rattachement institutionnel. · Pour que chaque organisme puisse être identifié, il faut qu'il figure sur les

publications avec une adresse spécifique séparée des autres adresses par un point-virgule ou un point. (Ainsi, la position, en premier, en dernier ou au milieu, n'a aucune incidence si cette ponctuation (; ou .) est respectée) · Une adresse doit posséder une structure hiérarchique descendante : organisme, unité/équipe ou département/service..., F - Code postal, pays. Chaque élément de l'adresse doit être séparé par une virgule. La DRCI sera très attentive au respect scrupuleux des règles de rédaction des adresses mentionnées sur toutes les publications impliquant un ou plusieurs praticiens du CHU notamment lorsqu'il s'agit de travaux financés par les PHRC, ou que le CHU est promoteur. Une enquête bibliographique sera systématiquement réalisée lors de toute nouvelle demande de subvention.

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La Recherche en Direct - octobre 2008

Les 3 Règles de BPP

Règle N° 1 : autant d'adresses que d'institutions de rattachement des auteurs d'une publication, chaque adresse étant impérativement séparée de la précédente par un point-virgule. Règle N° 2 : standardisation scrupuleuse du libellé de l'institution mentionnée en début d'adresse, avant la première virgule. Pour les praticiens du CHU "CHU Clermont-Ferrand, Service..., F-code postal Clermont-Ferrand, France" en respectant l'intervalle entre CHU et Clermont ainsi que le tiret entre Clermont et Ferrand. Règle N° 3 : toute adresse mal libellée représente une publication perdue pour l'institution lors d'une comptabilisation bibliométrique par les organismes de tutelle.

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Les lauréats des PHRC 2008

APPEL D'OFFRES INTERNE

Pharmacocinétique du Sévoflurane lors d'une sédation sur 48 H en réanimation avec le système ANACONDA. Pr Bazin (Anesthésie-Réanimation) Pathologies de la clarté nucale : Évaluation de la fréquence et de la nature de déséquilibres chromosomiques associés par MLPA. Pr Vago (Cytogénétique Médicale) Étude pilote du métabolisme du paracétamol en post-opératoire. Dr Schneider (Anesthésie-Réanimation) Étude de la voie de l'Epidermal Growth Factor dans la physiopathologie de l'insuffisance rénale aigue septique. Dr Lautrette (Néphrologie) Étude de l'effet de la supplémentation en cholécalciférol sur l'activité de la polyarthrite rhumatoïde de patients en insuffisance en vitamine D (SCORPION). Dr Malochet-Guinamand (Rhumatologie) Prévention de la sarcopénie du sujet hémodialysé âgé : intérêt d'un apport protéique riche en acides aminés à chaîne ramifiée (AACR). Pr Cano (Nutrition) Évaluation comportementale dans la maladie de Parkinson : validation d'une échelle. Pr Durif (Neurologie) Validation de la version française de l'échelle Leipad : échelle de qualité de vie des sujets âgés de plus de 65 ans vivant à domicile. Pr Jalenques (Psychiatrie) Impact de la Naxolone sur l'effet antalgique du Paracétamol chez le sujet volontaire sain. Dr Pickering (Pharmacologie Clinique) Effets anti-hyperalgésiants du protoxyde d'azote : recherche d'une confirmation dans le contexte postopératoire (PROTOAPO). Dr Dualé (Anesthésie-Réanimation) Évaluation des concentrations plasmatiques et alvéolaires de la forme soluble du récepteur des produits de glycation avancée (sRAGE) chez des patients en SDRA et en SEPSIS grave en réanimation : étude pilote. Dr Constantin (Anesthésie-Réanimation) Mobilisation des cellules souches hématopoïétiques chez l'enfant par r-metHuG-CSF pégylé : évaluation de la dose de 200 µ/kg en sortie d'aplasie après chimiothérapie (Étude MEG-5). Dr Merlin (Pédiatrie) Étude Citrulline-Allo (Évaluation de la Citrulline Plasmatique comme marqueur de la souffrance digestive après allogreffe de moelle osseuse chez l'enfant). Dr Merlin (Pédiatrie) Perception de la douleur au cours du syndrome d'apnées obstructives du sommeil chez le patient obèse. Dr Miolane-Debouit (Nutrition)

PHRC NATIONAL

ELVIS : Essai multicentrique contrôlé, randomisé, de phase III étudiant l'efficacité et la tolérance de verrous à l'éthanol 60 % dans la prévention des infections de cathéters de dialyse pour les patients en insuffisance rénale, hospitalisés en Réanimation. Pr Souweine (Réanimation Médicale) Addictions dans la maladie de Parkinson et stimulation cérébrale profonde. Étude prospective multicentrique. Dr Malet (Psychiatrie)

AGENDA

> 3e journée régionale des Innovations Hospitalières

La 3e Journée Régionale des Innovations Hospitalières est prévue le vendredi 23 janvier 2009, au CHU de Clermont-Ferrand. Cette manifestation annuelle a pour objectif d'informer les Hospitaliers sur les avancées scientifiques que le CHU et les Centres Hospitaliers de la région Auvergne introduisent ou accompagnent, en matière de pratiques de soins.

PHRC INTERRÉGIONAL

Impact sur la Protéolyse de l'Obésité en Dialyse. Pr Boirie (Nutrition) Effets de l'entraînement musculaire sur les marqueurs inflammatoires de risque vasculaire en fonction de la tolérance au glucose : mesures en conditions basales et en conditions stimulées (repas seul et repas précédé d'un exercice musculaire) comparant des sujets sains, intolérant au glucose et diabétiques de type 2. Pr Duclos (Médecine du sport et Explorations Fonctionnelles)

> Réunion d'information consacrée aux collections biologiques

La DRCI du CHU de ClermontFerrand, en partenariat avec les laboratoires Pfizer, organise le vendredi 12 décembre 2008 de 12 h 00 à 15 h 00, une réunion d'information consacrée aux collections biologiques. Cette réunion d'information, à l'attention notamment de l'ensemble du corps médical et des acteurs de la recherche clinique, sera l'occasion d'échanges à partir de cas pratiques et de retours d'expériences.

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