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MOSTAGANEM ....................................2 El Mahtar :.............................................23 El mestednate ........................................24 Les meddahates .....................................25 Le marché des mostaganémoises ..........27 Le parfait ...............................................28 Cheikh Hamada .....................................29 Djilali Ain Tedeles ................................30 Maazouz Bouadjadj...............................31 Lakhal Ben Khelouf ..............................32 LA MUSIQUE ......................................33 La musique andalouse .......................33 Le chaabi ...........................................35 Le bédoui ...........................................36 L'oranais ............................................36 Les musiques religieuses ...................37

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MOSTAGANEM

Mostaganem, ville côtière de l'ouest algérien est remarquable par son histoire. Lieu de passage et de brassage, elle incarne la culture maghrébine avec beaucoup de panache. Peuplé essentiellement de deux tribus, les Medjahers et les Hachems, elle a accueilli avec une hospitalité qui persiste de nos jours les marins des horizons les plus inattendus. Actuellement, elle compte parmi ses natifs ou ses habitants, des artistes peintres (Khadda Mohamed, Belanteur Habib, Oulhaci Mohamed et Zerhouni Sid Ahmed), des poètes des siècles précédents (Sidi Lakhdar Benkhelouf, Abdelkader Bentobdji,...), un dramaturge Ould Abderrahmane Abdelkader dit Kaki. Elle abrite de nombreuse manifestations dont le doyen des festivals du Maghreb, le Festival d'Art Dramatique et le Festival de Théâtre scolaire, des troupes de musiques chaabi, (Bouadjadj, Maamar Chadli, Ghelamallah Abdelkader, Bettahar) andalouse (Nadi Hilal fondé en 1912) et bédouie (Gouaiche Mohamed Hamada, Kaious Djilali Ain Tedelés, Larbi Mohamed El Mamachi). Les lieux sont animés par un réseaux de pratiques qui entretiennent la mémoire et avivent la culture. Les noirs font la Derdba qui rappelle les liens de Mostaganem

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avec l'Afrique noire, les Medjahers font des taams, les citadins organisent des ouaadas. Les femmes de leur côté entretiennent des réseaux de relations. Elles ont leurs occasions habituelles et leurs lieux consacrés (le mahtar, les mestednates, Souk el Djemaa). Mostaganem compte une des rares poétesse de la tradition dans la personne de Sebsadjia. La spiritualité est représentée par des zaouias, confréries, où un islam traditionnel tolérant et serein cultive cordialité et hospitalité. Leurs adeptes sont réputés pour leurs serr, secrets, comme les Aïssaouias. Certaines zaouias comme El Allaouia ont une aura internationale. Mostaganem est un lieu d'oralité et d'échanges, les bateaux déposèrent des gens venus du nord, ceux du sud, de l'est et de l'ouest el aqsa y convergèrent pour la quiétude sociale et pour le micro climat doux. La contrée fut également une ligne de confrontations entre espagnols et arabes. Ce brassage donna une richesse dans les us, les coutumes et les arts. Au début du XX° siècle, existaient cinq grandes zaouias avec leurs chefs spirituels, repères et indices d'un foisonnement qui ne se démentira jamais. Mostaganem résista à l'acculturation coloniale grâce à ces zaouias, grâce aux meddahs qui entretenaient, dans l'espace sacré ou auprès des auditoires populaires, l'identité et la mémoire. Citons sans prétendre à

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l'exhaustivité : les cheikhs Belkacem Ould Said, Hamada, Abderrahmane Benaïssa, Ali, Djillali, Bouadjadj, Benkrizi, Mohamed Tahar, Sbaïssi, Mamachi, Mammar, Benattia, Ghelamallah, les artistes Khadda, Benanteur, Chouikh, Khellil, Mazouz, Bensaber, les écrivains Tengour, Ykhelef, Ould Moussa, Kaki, les hommes de culture comme Bensebane, Benabdelhalim, Abdelkader Benaïssa, Bendamèche. Il y a l'histoire des lieux, il y a l'histoire des hommes. Les précurseurs, les disciples et les continuateurs. Mostaganem avec le doyen des festivals qui s'accompagne d'une douzaine d'autres de dimensions nationales reste la convergence des regards, le pôles des expressions et le foyer culturel d'une Algérie éternelle et belle. Mansour Benchehida

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Source : LES MONUMENTS

BORDJ EL MEHAL

El Mehal est une tribu des environs de Mostaganem. Ils avaient comme capitale Mostaganem et leur nom fut donné à ce bordj. Il est construit 1100 JC sous le règne des Almoravides et le sultan Ibn Tachfine (1073 JC)

LA MAISON DE HAMID EL ABD

1517 JC c42atit un chef puissant de toutes les régions environnantes

GRANDE MOSQUEE

La muraille Sous le règne du turc Baba Aroudj en 1586 contre les espagnols qui tentaient de l'assaillir de temps en temps.

La maison des poètes

Dans la maison de

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Construite sur ordre de Mohamed el Kébir à côté de la Grande Mosquée en 1732. C'était initialement le palais de Mohamed el Kébir mais il abandonna pour retourner à Oran. Les poètes de la ville le prirent et donnèrent des poèsiades pendant une période, il fut appelé Dar elchouara

La mosquée de Matemore

Fut construit en 18° siècle sous le règne du Bey Mustapha el Ahmar Le tombeau de Mustapha el Ahmar à côté du tombeau de bey Bouchelaghem

Bordj Tork

on dit qu'il existe depuis le début 16 ° siècle, il fut appelé Fort de l'est. Arsenal et coup de canon de ramadan.

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LES AOULIAs

Sidi Lakhdar Benkhelouf Sidi Belkacem Bouasria,

début de 8° siècle H, enterré à Mazagran, coutume des mostaganémois de visite de la mariée ignore date de décès

Sidi harrag fils de sidi belkacem Sidi m'hamed ibn mansour

11° siècle hégire, prof de mohamed ibnou almi sebagh el houari enterré à mazagran, il méditait dans sa khaloua dans la foprêt de macta où il y avait une source pour les voyageurs

Sidi kharchouch

à la crique

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Sidi bendehiba mesra Sidi Abdellah

11°siècle H / 16 JC connu sous le nom de Bou Qabrain, matemore et Yanarou, considéré comme l'aieul de Cheikh Senouci fondateur de la tariqa Sanoucia en Lybie.

Sidi zouaoui

enterré aux hachem

Sidi bensaber

12 h /18J C enterré au cimetière de Tigditt date inconnu on dit qu'il furt contemporain de sidi mohamed benhaoua

Sidi Lahcen

vient de ain madi pour représenter la zaouia tidjania et permettre la ziara aux mourides sur place.

Sidi belmehel hachem Sidi Ali Cherif

12° siècle H enterré à côté du pont du chelif

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Sidi mazouz el bahri el mostaghanemi

faqih maliki dcd à Mostaganem. Enterré à côté du port, il fut transféré dimanche 16 chaabane 1307 / 6 avril 1890 foule nombreuse participa à ce transfert et est au centre du cimetière de Tigditt. enterré à côté du port, de l'embouchure de ain sefra à côté deu moulin du port et d'une source aouinet el hadjadj. (les pèlerins Mostaganémois au retour de leur voyage passent une nuit à Sidi Mazouz où s déroule en leur honneur une fête). Les autorités voulurent aggrandir le port ou à cause de l'avance deseaux, il fut transféré en 1890 au cimetière de souiqa où on construisit une kouba. Les pélerins allèrent alors à Sidi Belkacem.

Sidi said el bouzidi

10° siècle hégire, enterré proche de la mairie de mostaganem à droite des escaliers, patron de la ville, on dit qu'il fut disciple d'Ahmed Bernyoucef enterré à Miliana. On dit d'autre part que sidi said participa à la signature du pacte entre les turcs et le

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sultan du maghreb Moulay Ismail lors de sa défaite à Jdiouia, donc et dans ce cas il aurait vécut au début du 16° siècle JC. Sidi said méditait et enseigna dans le jardin djeninet bent rai considéré patron de la ville , on le visite aux mouloud nabaoui

Sidi yahia

Ibn setti rachidi mort en 981H fils de Sidi Rached (Kalaa actuellement proche de Mostaganem) contemporain de sidi Said Bouzidi Rachidi Disciple de sidi m'hamed ibn yahia médioni dit sadate, mufti de Tlemcen

Sidi mustapha remaci

dcd en 1136H 1724 JC Mustapha ibnou abdellah ibnou mohamed moumen erroumaci savant malékite de la tribu de roumassa dans les environs de Mostaganem. Disciple à Mazouna, puis au Caire. Là Abderrahmane el djamii el fassi dit de lui que c'est il est le porte drapeau du fiqh malki fi rashi oua misrihi Sidi m'hamed benhaoua dcd après 1167 H mohamed ibn kadar djillali ibn abdellah ibn haoua ettaoudjini imam

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enterré à coté de Mostaganem actuellement cimetière de Sidi Benhaoua

Sidi abdelkader benamor

13° siècle H surnommé si bouya

Sidi Abdelakder Belouzaa

enseigna à Moul Nakhla à Tigditt dcd pendant la 2° guerre mondiale il lui venait des disciples de toutes horiuzons.

Sidi el Baghdadi

de la descendance de Sidi Abdellah el Khattab el Medjahri fut disciple des chikh de Tlemcen comme le faqih Ibn Hamza et Hadj mohamed ibn Abi Seif, Ibn Taleb, Sayed Ibn Abdellah ben aïdouni

Sidi Bakhti et sa mère lala setti,

khedim de Sidi mohamed el Houari d'Oran, enterré à souiqa tahtania au environ de la zaouia aissaouia

Sidi Yahia ben setti errachidi,

dcd en 981H, enterré dans la quartier el qaria dans la mosquée sidi Yahia, situé au premier étage. Il devient mosquée principal lorsque la grande mosquée devient étable de 1834 jusqu'en 1865 (ismail urbain)

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Yahia était imam avant la conquête française il fut suivi par Sidi mustapha bentounés puis par Imam Ahmed Charli

Sidi mohamed bensayah

18 JC tombeau en contre bas de Bab el Djerad (caserne ITA), on transféra son tombeau à Tigditt.

Sidi bouadjadj

dcd 12 H enterré dans une pièce dans une maison avec une puits qui communique avec la source de sidi allel ksouri, eau qui guérissait

Sidi yagoub

à tit talguine à côté de la source

Sidi boumehouen

enterré dans la mosquée à maksar aurait vécu avant la conquête française

Sidi ali ksouri Sidi allel m'hamed

enterré dans la mosquée de son nom au bout de maksar ondit qui fut appelé du nom d'un commerçant Baroubay qui y avait un magasin.

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Sidi hamadouche,

enterré entre Bey Mustapha el ahma et Bordj tork, koubba d'un savant enseigna la rhétorique et le fqh et redistribuait tout ce qu'on lui donnait aux disciples et aux pauvres.

Sidi maamar boulila,

enterré à côté de souiqa, après une nuit de pière, il allait à son travail de jardinier quand il fut grécié par la oualia

Sidi sayah

enterré au derb avant la rue Abdellah père de sidi sayah enterré à souiqa

Sidi belhalouche

enterré au début du pont dallas Dans sa jeunesse appelé ben hanouch devient belhalouche

Sidi besenouci dans le maksar Sidi abdel Illah

se trouve à Souiqa Fougania

Sidi m'hamed mejdoub

à karouba gardien de la mer

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Sidi nacer hachem Sidi benhedji Sidi hamou cheikh

dcd 1909 JC. Mohameed ben habib el bouzidi cherif de la descendance du prophète du village de Sidi Bouzid à côté du Chélif, disciple de cheikh sidi mohamed benkaddour el Ouakili de la zaouia de Karkour au maroc pendant trente et ne quitta la zaouia qu'à la mort de son cheikh. Revient à Mostaganem 1286 H 1869 JC il réunit autour de lui quelques fouqara comme Hadj Ahmed ibn el Hachemi Bensemaine el mostaghanemi qui construisit la zaouia à Tigditt. Cheikh el Bouzidi était un ouali contemporain de sidi kaddour Benslimane disciple sidi missoum de la zaouia de Ksar el Boukhari et cheikh hadj tahar disciple de cheikh el missoum. Ses disciples furent sidi hadj benouada benslimane, sidi hadj ahmed bensemaine, sidi hamadi bekara mostefa, sidi abdelkader el qanaoui, sidi ahmed bentria, cheikh sidi mohamed benyellés

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et sidi ahmed ben mustapha el allaoui, etc. Mort enterré dans sa mosquée, foule immense.

Sidi abderrahmane bouhamidi

enterré à sidi bensaber (port) fut le patron (hammi) de la ville avant que sidi said ne soit désigné pour cela.

Sidi ahmed benacher,

vient de l'andalousie après la chute de gharnata, fonda une école pour enseigner le fiqh, le hadith et les sciences religieuses. Il est dit que le maitre de sidi othmane el malfi, enterré à côté du cimletièer de sidi bensaber et sidi benhadji à tigditt

Sidi mohamed Bekhi el mejdoub

12 siècle et dcd en 1930 enterré au cimetière de tigditt, médita dans une grotte koudiète el hem dans le palais bent sultan Sidi caid m'hamed, enterré en contrebas de bordj tork (cimletière arsa). Il n'était pas caid militaire mais appelé par les

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mostaganémois ainsi. Avant la conquête on dit qu'il fut de la famille benkritly car sa soeur était marié avec un membre de cette famille elle eut un enfant Belkacem benkritly mentionné dans un ver des poèmes de Bentobdji (dcd en 1949)

Sidi moussa Benchehida

dcd en 1922 JC imama de la grande mosquée à mostaganem, né à mazouna, étudia et enseigna à mazouna vient à mostaganem où il termina el moukhtassar li cheikh khalil dans la mosquée de sidi boumhouen à Tigditt

Sidi hamida

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LES CHEIKH

Cheikh Mustapha Allaoui Cheikh hadj Menouer Bentounés

(1893-1962) fils de Benaouda Bentounés famille de mostaganémois. Né et mort à Mostaganem. Appris le coran fut l'ami de Cheilkh Mohamed Bouzidi sa zaouia était une école soufia et >Cheikh Mustafa el Allaoui. Désigné imam en 1939 à la mosquée de Mazagran, puis regagna Mostaganem la mosquée Sidi Allel M'hamed à Souiqa Tahtania où il continua à enseigner jusqu'en 1962

Cheikh Mehdi bentounés Cheikh Mohamed Bentekouk

connu sous le nom de Sidi Mohamed el Aalem (1890-1978) faqih et poète correspond avec le mufti Benkara Mustafa. Il était le médiateur respecté et faisait office de juge pour les contrats de commerce, mariage et litiges

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Cheikh djillali bentekouk

(1803-1890) charef ben djillali ben tekouk adepte de la voie senaoucia né et élevé aux environs de mostaganem, s'exila au maroc

Cheikh sidi kaddour Belahouel,

dcd 18 mars 1973 ben Mohamed connu sous le nom de Beghachem dcd en 9 novembre 1933 ibn Bachir fils de Sidi Abdelkader dit Bouderbala ben sidi Mohamed benlahouel combattit Othmane Bey à la fin du 18° siècle sous la domination ottomane. Il envoya des lettres pour les pousser à la résistance aux tribus des environs de sa zaouia de oued el kheir lettres qui existent encore au sein de la zaouia

Cheikh Yahia Tedelssi

Dcd en 1472 JC, yahia ibn yadir ibn atiq ettedelssi abou zakaria savant et cadi du Touat. Disciples de l'imam Ibn Zaghou et d'autres et fut le maître de Cheikh Med ibn Abdelkrim el meghili, Cheikh sidi senouci (900H), ahmed ibnou said ibnou mohamed ibnou ibrahim sanouci cadi et faqih maliki

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Cadi à Damas

Cheikh sidi m'hamed senouci

(1787-1859) abou abdellah mohamed ibnou ali senouci el khattabi el hassani el idrissi

Cheikh faqih sidi larbi bensenouci el kaizani

début du 18° siècle savant de mostaganem, a écrit el qaoula ecchafia bi charh el qaouaid el kafiya fi nah'ou cité par le cheikh Bouras

Cheikh m'hamed Benguendouz

dcd en 1222H savant soufi disciple de mustapha remaci et maître de cheikh benali senouci les turcs le pendirent à Matmore à côté de relizane sur ordre de Hassan Bey (dernier bey d'Oran) enterré à Matemore

Cheikh sidi ibn abi zouina

13° siècle H Mohamed ibnou Abdelakedr ibnou abi zouina maitre de cheikh mohamed ibn ali senouci el khattabi

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Cheikh sidi othmane ibnou said el malfi

dcd 13° siècle H othmane ibnou said el malfi el mostghanemi, faqih maliki né et élevé à Mostaganem, fils de la tribu ouled malef tribu arabe des medjahers élève de sidi ahmed benacher, construit une zaouia à sayada , désobéit à bey med el akhal connu sous le nom de el Kébir (chef d'Oran après évacuation des espagnols en 1792 ou 1729)

Cheikh sidi abdellah hachelaf

(1873-1937) sidi abdellah ben mohamed ibn charef ibn sidi ali hachelaf cadi à djelfa, faqih fort en littérature, écrit plusieurs livres

Cheikh Belkacem ben halouch

1877-1949 né et dcd à mostagnem, appris très tôt le coran (avant 12 ans) puis grammaire et rhétorique, compagnon d'étude cheikh mohamed merzouka, cheikh abdelkader ben kara mustapha enseignait à la mosquée de sidi abd el illah (appelé mosquée de benhalouch.

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Cheikh Mustapha Benhalouch

1907-1980. membre des oulémas évoqua plusieurs problèmes dont le hidjab dans la revue el basayr en 1937

Cheikh Tahar Benyoucef el Medjahri

dcd en 1944 JC de Souaflias enseigna à El Azhar et revient en 1909, connu le Cheikh Harrag Benkritly et Cheikh Benkoula savant en sciences arabes et le Cheikh Benkara Mustapha le mufti

Cheikh sidi Abderrahmane ben Mohamed abou hadjar el hasni el mostaghanemi

dcd en 1948 son père mohamed abou el hadjar compagnon d'exil de emir abdelkader pour damas et revient en Algérie après la mort de l'Emir avec deux enfants nés à Damas Abderrahmane et Mohamed. Les colonialistes exilèrent Mohamed à Laghouat où il mourut. Son frère Cheikh Abderrahmane préféra s'exilé en Lybie alors sous domination turque.Cheikh Abderrahman participa à la lutte contre les Italiens en 1912, puis

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parti pour le Soudan, puis en Egypte où il enseigna à El Azhar avant de mourir

Cheikh Tahar benchehida

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El Mahtar :

Chez nous le mariage est affaire de femmes. Le lendemain de la nuit de noce, les femmes organisent un mahtar. Il débute en fin de matinée pour ne se terminer que très tard le soir. Beaucoup de femmes sont invitées pour des raisons quelquefois inavouables. Mais la plupart le sont au titre d'amies de la famille, de parents par alliance ou d'alliées. Le cérémonial est figé. Il se déroule dans un patio de style andalou, comme le sont beaucoup de maisons traditionnelles. Au fond de la cour, la nouvelle mariée, assise sur son fauteuil, affronte ce jour unique les regards qui encouragent et les yeux qui scrutent. En face, l'orchestre féminin reprend le répertoire traditionnel de poésie populaire.

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El mestednate

L'INVITATION AU MARIAGE CHEZ LES FEMMES MOSTAGANEMOISES Les femmes se constituaient en délégation composée de trois ou quatre femmes. Les femmes mettaient leurs plus belles "melahfa", voile blanc ou doré qui enveloppait la femme dans une grâce et un flou que les générations actuelles ne connaissent pas. La sortie de la maison est accompagné de you-you pour marquer la joie, espérer la baraka, éloigner le mauvais oeil et informer les voisins du démarrage de l'opération. On les appelait "el mestaid'naites". Ce mot d'origine arabe1 a une racine qui signifie demander ou accorder la permission. La délégation serait alors habilitée à notifier des permissions à venir aux réjouissances qui feront le mariage. Au départ conçue comme une autorisation orale qui fait de son destinataire un élu, qui confirme l'alliance ou rappelle le lien, elle est devenu une invitation qui n'évoque que peu ou pas le sens originel de coalition.

"Mestaidnaites" est un pluriel qui vient de "mesta'dine", demander ou accorder la permission

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Les meddahates

C'est l'orchestre féminin des mariages traditionnels. En général, l'orchestre se compose de cinq éléments : la chanteuse qui tient tbila2, celle qui manie tchek-tchak3, deux membres de l'orchestre tiennent des bendirs4 et une joue de la derbouka. La musique peut être langoureuse, syncopé ou soutenue, les chants sont pour la plupart des poésies laudatives et religieuses. Parmi les chansons les plus connues, citons Abdelkader ya boualem5, Ahsen ma youqal rindi6, El Houari sid el Mellah7. La danse est ouverte par la mère ou la soeur du marié. Ensuite c'est tour à tour que les femmes se présentent dans la halka8 et dansent chacune à son air préféré, selon sa nature et ses goûts. Les gestes sont hiératiques, les pas mesurés, les attitudes

Sorte de demi sphère avec une peau tendue Appelé également "Tar", espèce de tambourin 4 C'est une peau tendue sur une cercle de bois 5 "Abdelkader de la bannière", du poète mostaganémois Abdelkader Bentobdji (1869?-1948) 6 "L'excellence à mes yeux" du fameux Sidi Lakhdar Ben Khelouf (XVI°siècle) 7 "Houari le meilleur des preux" écrit par une mostaganémoise, Kheira Sebsadjia morte en 1940 8 Cercle central limité par l'orchestre, les berazates et les femmes les plus en vues.

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codées. Chaque danse est précédée puis accompagnée de nombreuses libéralités9.

Les femmes donnent de l'argent à l'orchestre en accompagnant le geste d'évocations élogieuses du père de famille.

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Le marché des mostaganémoises

youm el djemaa, khardjou n'sa dans Tigditt au temps de mon enfance, il y avait un souk pour femmes, "souq el djemaa". Dans notre société d'hommes, les femmes se sont toujours constitué des lieux de rassemblement. Le souk des femmes se déroule le vendredi. Le jour et l'activité sont attestés historiquement par la poésie de chir melhoun du XIX° siècle qui précisait "youm el djemaa, khardjou erriam. Le souk s'est toujours déroulé à proximité du cimetière10. Les femmes, bonnes musulmanes, vont visiter les morts et font un détour utile au souk installé providentiellement sur leur chemin. Elles s'y approvisionnent en babioles ou en diverses utilités domestiques que le mari néglige ou refuse d'acquérir. C'est aussi le lieu de rencontres, de palabres. A Mostaganem, il s'est tenu longtemps entre la souiqa et le cimetière de Sidi Maazouz le long de la rue qui longe le mur de pierres peint en jaune, la fameuse rue 48 qui se prolonge en descendant vers la zaouia Allaouia.

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Même remarque topographique pour le souk des femmes de Yanarou (à 20 km de Mostaganem)

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Le parfait

Cheikh Benaïssa maître de la tariqa aïssaouia était surnommé le " parfait " pour toutes ses qualités, son savoir, sa modestie et ses pouvoirs. Ce grand soufi est né au IX° siècle et où il mourut vers 1523 et fonda la tariqa, qui constitue la liturgie et le rite de la confrérie des Aïssaouas. Il vécu à Meknès et à Mostaganem a beaucoup d'adeptes. Les aïssaouas sont connus pour leurs pratiques mystérieuses, par leur musique envoûtante, leur efficacité contre les venins.

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Cheikh Hamada

De son vrai nom Gouaiche Mohamed, il est né à Blad Touahria (à côté de Mostaganem) vers 1890. Il écoutera et sera influencé par les ténors de la culture orale qui se produisaient : le meddah Menouer ould Yakhlef, les cheikhs Ould Laadjal, Caïd Bendhiba, etc. Hamada enregistre son premier disque à la fin de 1926 chez Pathé Marconi à Paris.

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Djilali Ain Tedeles

De son vrai nom Djilali Kaious, il est né un 9 septembre 1930 à Oued el Kheir (à côté de Mostaganem). Le petit Djilali dans le sillage de son père eut une enfance voyageuse. C'est en 1955, au cours d'une soirée de noces à Zemmora, que sa voix attire un agent de disques ERCA. Il enregistre alors dans les studios de la rue Dumont Durville à Alger son premier 78 tours. Il mourut le 25 décembre 1995.

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Maazouz Bouadjadj

Né le 16 janvier 1935 à Mostaganem, c'est l'aîné de neuf enfants. Son père, M'hamed Bouadjadj est un citadin commerçant. Depuis l'âge de huit ans, l'enfant accompagne son père et découvre les orchestres les soirs de mariage. Il prendra petit à petit goût à cette musique si spécifique aux h'dar, des gens raffinés et qui souvent laissent transparaître des gestes et des goûts importés par leurs aïeux qui de Turquie, qui de Malte, de Grèce ou de Crète quand ce n'est pas de l'Andalousie.

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Lakhal Ben Khelouf

Sidi Lakhdar, de son vrai nom Abou Mohamed Lakhal Ben Abdellah Benkhlouf El Maghraoui est certes le plus grand et le plus connu des marabouts. Descendant de la noble tribu des Zaafria, il a vécu 125 ans et 6 mois dont beaucoup à Mazagran comme il le dit dans son poème testament. : J'ai vécu 125 ans bien comptées Et j'ai ajouté après cette âge six mois A 50 ans, il alla pèlerinage à Tlemcen chez notre Cheikh Abou Mohamed Abdelhak Ben Abdrrahmane Ben Abdallah El Azdari El Ichbili que vous connaissez sous le nom de Sidi Boumediene. Ben Khelouf a vulgarisé la poésie populaire, le chir el melhoun, il a fait connaître les grands maîtres du genre comme El Maghraoui, El Mejdoub, Ennedjar, Sidi Maamar et beaucoup d'autres. Il est l'un des sept gardiens de la ville des Medjahers.

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LA MUSIQUE

La musique andalouse

En Algérie La musique est un reflet vivant de l'histoire des hommes qui ont peuplé la contrée. La musique dite andalouse provient effectivement de l'Andalousie du temps de l'apogée de la civilisation arabo-musulmane, c'est à dire de 711 à 1212. Il y eu alors une cour qui installa un deuxième pole de pouvoir en parallèle à celui de Damas. Le monde arabo musulman (qui en fait était un melting-pot de civilisations, d'ethnies et de langues avec une langue vernaculaire l'arabe et somme toute peu de religiosité) se divisait donc en deux sphères, ce qui permettait aux intellectuels et artistes menacés par le pouvoir d'orient d'aller en occident et vice-versa. Un certain Izhaq el mossili professeur attitré de musique dans la cour de Damas Un élèves prodigue de la cour de Damas émigra vers l'Espagne. Ali Abou Hassen Ibn Nafi connu sous le surnom de Ziriab s'installa dans la fastueuse cour de Cordoue. Quand c'était la fête en Andalousie, cela durait 24h et se composait de 24 noubas (24 fois), les noubas correspondaient aux différents moments de la fête. C'était une musique qui se transmettait oralement car l'érudition orale était le label du savoir

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De nos jours on ne connaît que douze noubas des 24 initiales. Il persiste sept modes qui se démultiplient en douze noubas. Ces douze noubas comprennent chacune cinq parties une entrée : "m'sader", un développement en deux volets : "betaïhi" puis "derdj"et une conclusion en deux phases "insiraf" puis "khelasse". La musique andalouse se pratique selon trois variantes, c'est-à-dire trois manière de jouer, connues sous le nom de Ecole de Constantine, Ecole d'Alger Ecole de Tlemcen. La musique Andalouse de Mostaganem relève de l'Ecole d'Alger. Comme c'est une musique très élaborée, il n'y a que des ensembles et pratiquement pas de chanteur au sens habituel du terme.

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Le chaabi

Chaabi veut dire populaire, cette musique est la marque de deux villes, Alger et Mostaganem où elle est représenté par le chanteur Mazouz Bouadjadj. L'orchestre reprend des poésies de la tradition orale. L'orchestre se compose immuablement de cinq membres : le chanteur, c'est le patron et joue d'une mandole, le percussionniste très important dans les méandres et les improvisations pour tenir le tempo, il tient une derbouka, un joueur de banjo et un autre avec un violon ou une guitare, n'oublions pas celui qui tient le tambourin (appelé "tar") dont les effets savants accompagnent, accentuent ou mettent en valeur le phrasé musical.

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Le bédoui

C'est une musique de l'Algérie profonde. Chanté sans trop de recherche c'est la mise en valeur de la belle parole, de la sentence, de la sagesse populaire ou de l'amour qui fascine. Un mostaganémois, Cheikh Hamada va coder définitivement la composition de l'orchestre à partir des années 20. Il comprend désormais trois élément deux flûtistes et le chanteur qui tient le guellal. C'est un genre très répandu dans l'Oranie paysanne mais peu apprécié dans les villes. Chanteurs connus : Cheikh Hamada, Cheikh Djilali Ain Tedeles, Cheikh Khaldi, Cheikh Bouras, etc.

L'oranais

L'oranie connue pour ses poètes populaires est un fief du bédoui. En se raffinant et en se dotant d'une musicalité nécessitant des instruments, le bédoui va donner l'oranais qui en mutant va déboucher sur le Raï

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Les musiques religieuses

Les musiques extatiques : Chantés par des confréries, elles sont envoûtantes et basée sur les graves de plusieurs instruments à percussion (tbals, gros tambour et bendirs). Chez les Aïssaouas, mangeurs de feu et avaleurs de sabre, la musique est accompagnée de crotales en fer (qarqabou) et d'une zorna (fûte). Le samaa est une psalmodie rythmée et chantée a-capella. Elle est d'ordre sacrée et reprend les textes laudatifs religieux. Un exemple d'envergure international existe à Mostaganem, c'est la confrérie des Allaouia. Cette confrérie existe en France, au Japon, en Angleterre et ailleurs.

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Microsoft Word - MOSTAGANEM dikrayate.doc

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