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Sport, Santé et Préparation Physique N° 59 Lettre électronique des entraîneurs du Val-de-Marne AVRIL 2008

... Université Paris 12 ­ Conseil général du Val-de-Marne ...

Sommaire de ce numéro :

1) SCIATIQUE ET CRURALGIE

2) COLLOQUE RUGBY DU 15 OCTOBRE 2007 : -Gérer le dilemme Sécurité/Performance en mêlée - Rachis cervical et première ligne en mêlée de rugby. De l'analyse des contraintes à la prévention

1) SCIATIQUE ET CRURALGIE R. Ziane Les sciatiques représentent 5 à 10% des douleurs au dos. Les cruralgies, moins connues, peuvent être aussi douloureuses et invalidantes. - Qu'est-ce qu'une sciatique ? - Qu'est-ce qu'une cruralgie ? - Quelles en sont les causes et les traitements ? Qu'est-ce qu'une sciatique ? C'est une douleur, localisée le long du trajet du nerf sciatique, qui peut s'étendre de la région lombaire (L5-S1) aux orteils en passant derrière le genou. Le plus souvent, ces douleurs intermittentes et unilatérales : - s'intensifient à l'effort ou en position assise, - diminuent dans certaines positions (allongée ou debout). D'autres symptômes peuvent se manifester : - des sensations de fourmillements, - une perception anormalement douloureuse de certains stimuli (allodynie1), - une perte de la sensibilité d'une partie de la jambe. Il existe des formes très douloureuses qui peuvent s'accompagner d'un blocage de la région lombaire (lumbago). Quelles en sont les causes ? Elles sont mécaniques, structurelles ou infectieuses : - une hernie discale, dans 90% des cas, - un tassement ou une fracture vertébrale (chute), - un rétrécissement du canal rachidien,

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Allodynie : douleur suscitée par un stimulus qui n'est normalement pas ressenti comme douloureux ; Par exemple une sensation de brûlure juste après un effleurement.

une infection, d'un disque vertébral (spondylodiscite) ou du tissu nerveux : nerf ou moelle (borréliose, zona...), - un abcès ou une tumeur (bénigne ou maligne). Il existe des facteurs aggravants : effort sollicitant trop (haltérophilie) ou mal le dos (port de charges lourdes ou maintien de postures dos courbé comme en cyclisme), le stress, l'âge... Diagnostic et traitements Le diagnostic est réalisé à partir du test de Lasègue : Le médecin soulève la jambe tendue du patient allongé sur le dos, jusqu'à ce que ce dernier signale une douleur irradiant du dos au pied, la même que lors d'une crise de sciatique. La hauteur à partir de laquelle la douleur est déclenchée sert de repère pour mesurer l'évolution de la sciatique. Une IRM ou un scanner permet de vérifier s'il y a une hernie discale. Le choix du traitement dépend de la cause et de la gravité de la sciatique : - En l'absence de hernie discale, l'ostéopathie peut être efficace. - En cas de hernie discale, la chimionucléolyse consiste à injecter une enzyme dans le disque. Cet enzyme va dissoudre le noyau et réduire ainsi la hernie qui comprimait la racine du nerf sciatique. Le traitement chirurgical est proposé en cas de sciatique récidivante ou prolongée. Qu'est-ce qu'une cruralgie ? La cruralgie est plus rare que la sciatique mais la douleur peut être aussi intense. La principale différence est le trajet du nerf concerné : Le nerf sciatique est formé de la fusion des deux dernières racines nerveuses lombaires (L5 et S1), - Le nerf crural est la fusion des deux racines au-dessus (L3 et L4). Aussi, la sciatique est la douleur de l'arrière du membre inférieur et la cruralgie celle du devant.

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(d'après : Gillot & de Ricqlès, 2004)

Les symptômes de la cruralgie sont des douleurs : - déclenchées en position assise, - plus ou moins intermittentes et qui s'étendent de l'extérieur de la hanche à l'arête du tibia, en passant par l'aine et la face antérieure de la cuisse. - qui augmentent lors d'efforts, de toux... - diminuées par le repos. Ces douleurs peuvent être accompagnées de symptômes comme des sensations anormales (fourmillements, picotements) ou une allodynie... Quelles en sont les causes ? Ce sont les mêmes que pour la sciatique.

Diagnostic et traitements Le diagnostic est réalisé à partir du test de Lasègue inversé : le patient est à plat ventre, le médecin procède à l'extension forcée en arrière de la hanche. En cas de cruralgie, ce test réveille la douleur. Les traitements sont les mêmes que pour une sciatique. Conclusion Moins connue car plus rare que la sciatique, la cruralgie a les mêmes causes et les mêmes traitements. La prévention passe par un travail de mobilisation et de renforcement des muscles qui assurent le maintien de la colonne vertébrale et notamment des muscles profonds. Les exercices de proprioception en position assise sur fitball, l'éducation des placements et des ajustements de positions en fonction de la tâche à réaliser sont ici particulièrement adaptés.( voir revue SSPP n°11, n° 16 et article sur fitball lettre 26). Des étirements de la région lombaire et du psoas compléteront ces mesures préventives( revue SSPP n°15). Enfin le bon sens suggère d' éviter les excès (port de charge trop lourdes avec un dos mal placé).

Références : Collectif d'auteurs. (2008). Sciatique. Wikipedia. En ligne. Collectif d'auteurs. (2008). Cruralgie. Wikipedia. En ligne. Gillot, C. & de Ricqlès, A. (2004). Membres. In Encyclopedia Universalis. Mérignac.

2) COLLOQUE RUGBY : GERER LE DILEMME SECURITE/PERFORMANCE EN MELEE Mathieu Blin, Joueur professionnel et capitaine au Stade Français.

Remarque : compte-rendu de l'intervention effectué par une tierce personne.

L'objectif de cette communication est de faire part de l'expérience vécue en tant que joueur expert, talonneur, donc aux premières loges de l'affrontement lors de cette phase de combat collectif. La gestion de ce dilemme entre la recherche de performance, tout en préservant la sécurité du pratiquant, repose sur plusieurs éléments. Tout d'abord en terme de suivi médical, un effort est effectué au niveau des clubs en direction de la prévention des blessures des joueurs de première ligne. Ainsi, il s'agit de surveiller un indicateur privilégié qui est le diamètre du canal rachidien, grâce à un contrôle annuel par IRM. Au sujet des facteurs de la performance, il convient de noter la nécessité d'une préparation physique adaptée. Si le rugby de haut niveau vise à rendre le joueur plus fort et plus rapide, l'entraînement doit aussi préserver le travail de souplesse et de sensations pour permettre de

se protéger ou de sortir de situations difficiles. Cette préparation est favorable au développement d'une sécurité active, c'est-à-dire gérée par le joueur lors de moments critiques dans le jeu. C'est le cas lors de mêlées où la pression adverse est forte, avec des situations de torsion, des risques d'effondrement... Le travail proposé par les préparateurs physiques en ce qui concerne la prévention de l'hyper flexion ou l'hyper extension du rachis s'inscrit dans cette optique. Il permet notamment lors d'efforts de type isométrique, de développer les sensations musculaires, kinesthésiques... En effet le renforcement musculaire qui permet souvent d'avoir un diamètre de cou de 46 cm, s'accompagne du souci de préserver la mobilité. Il convient également de relier le travail du cou avec le reste du dos, pour développer les sensations d'ensemble relatives au placement optimal, gage de la performance. Par ailleurs la gestion de ce dilemme entre sécurité et performance repose sur une préparation tactique et technique pertinente. Elle traduit une adaptation à l'évolution des règles qui entraîne des contraintes un peu différentes dans les tâches des joueurs en mêlée. Par exemple le commandement « touchez » a nivelé l'avantage que l'on pouvait prendre sur l'adversaire au moment de l'impact. Il s'agit alors d'optimiser l'entrée en mêlée en maintenant le positionnement à l'engagement, autrement dit rentrer plus fort et être tout de suite en poussée. Par conséquent l'évolution des règles et conjointement l'évolution des gabarits des joueurs de première ligne, entraînent des modifications techniques qui touchent la structure même de la mêlée : les appuis, le placement des épaules, et les liaisons. En règle générale, les pieds du talonneur sont parallèles à ceux des piliers, même s'il existe toujours des positions préférentielles selon les individus. Le joueur recherche une position « en bascule » c'est-à-dire sur les avants pieds, pour une meilleure transmission des forces. Mais il est alors plus difficile de contenir les poussées des autres joueurs. De plus, le placement des épaules est primordial pour la structure de la première ligne, et pour le placement du cou. Pour le pilier droitier, le rôle du bras est déterminant pour fixer l'ensemble. D'où la nécessité d'un travail musculaire spécifique, avec les appareils « sidex » et « moflex », reliés à un ordinateur, et permettant le contrôle de la précision et la pertinence des gestes par les kinésithérapeutes. Là encore, le travail de sensations personnelles est combiné à une régulation extérieure, et les aspects techniques et physiques sont imbriqués. La démarche est similaire pour un travail plus collectif relatif au placement et aux liaisons, lorsque les joueurs se mettent en position de poussée face à une glace tout en portant des lunettes de soleil ; cela les contraint à ancrer leur regard sur le haut des lunettes, ce qui équivaut à la direction du plexus adverse. La position la plus basse possible, sous l'adversaire est en effet favorable à la recherche d'efficacité. Or ce placement se joue en relation subtile avec l'anticipation bien dosée des comportements de l'arbitre. Les liaisons des joueurs de première ligne sont également au coeur de ce dilemme sécurité et performance. Elles constituent un gage d'efficacité et de sécurité, mais si le talonneur accroche ses piliers trop loin, sous les aisselles, il perd en souplesse. C'est ainsi par exemple que dans l'hémisphère sud, sont privilégiées les liaisons sur les épaules des piliers et vers le bas, pour obtenir une meilleure mobilité des épaules. Là encore tout est question de compromis, en particulier au regard des gabarits des trois joueurs, mais aussi des préférences de chacun et des complicités établies. Nous ne pouvons pas ignorer non plus le côté subjectif et affectif qui est présent dans cette phase de jeu. Il apparaît dans la jouissance collective lors de mêlées importantes gagnées. Il peut se deviner dans l'aspect émotionnel de se jeter en mêlée qui nécessite une grande confiance envers les deux piliers qui l'entourent, ou dans l'état d'esprit des piliers qui ne veulent pas reculer et qui préfèrent écrouler, à condition de savoir le faire tous en même temps pour ne pas mettre un joueur en danger. Ce côté sensible, intime, privé, difficile à percevoir pour des spectateurs non initiés, s'exprime par des adaptations subtiles aux circonstances du terrain. Il en est ainsi des ajustements des orientations de poussées, du roulement des épaules, du jeu avec les règles par exemple lorsque le droitier efface son épaule pour provoquer l'effondrement prématuré de son adversaire direct qui est alors souvent sanctionné par l'arbitre parce qu'il s'écroule en premier. Le problème est que ces savoirs d'expérience

restent souvent confinés au sein de cette corporation un peu à part, et qu'ils sont difficilement transmissibles. Par conséquent, nous voyons comment la gestion de ce dilemme par les joueurs, repose sur une combinaison de facteurs : prévention, entraînement précis et adapté dans tous les facteurs de la performance, connaissances en action, et sensibilisation à des solutions de réchappe ou de sécurité active.

Rachis cervical et première ligne en mêlée de rugby. De l'analyse des contraintes à la prévention Pierre PORTERO 1,2, Didier GAMET 3, Julien PISCIONE 3, Jennyfer LECOMPTE 2, Olivier MAÏSETTI 1,2, Raphaël PORTERO 2

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Université Paris 12 ­ Val de Marne, Créteil INSERM UMR 731, Hôpital Rothschild, Paris CNRS UMR 6600, Université de Technologie de Compiègne

Correspondant : Pierre PORTERO, Professeur des Universités ([email protected]) Ce projet de recherche a été réalisé en partenariat avec la Cellule Recherche de la Direction Technique Nationale de la Fédération Française de Rugby. Les dysfonctionnements du rachis cervical sont extrêmement courants au cours de la pratique du rugby, et en particulier pour la 1ère ligne de la mêlée. En dépit du problème majeur de médecine traumatique voire neurologique, la pathologie cervicale présente des difficultés en termes de diagnostic et de traitement. La plupart des études disponibles dans la littérature abordent le problème essentiellement sous un seul angle, médical, biomécanique, tactique de jeu... Grâce au regroupement de plusieurs équipes de recherche, nous proposons une approche intégrative du rachis cervical en mêlée de façon à améliorer la connaissance des mécanismes lésionnels, leurs préventions et leur prise en charge. Trois grands axes se dégagent : - Analyse du système tâche/activité de la 1ère ligne en mêlée fermée ; - Analyse épidémiologique des accidents cervicaux en mêlée fermée ; - Etude de la musculature cervicale en situations analytique et fonctionnelle. Les deux premiers axes ont permis de décrire et comprendre l'activité des différents postes de la 1ère ligne de mêlée, d'en évaluer les conséquences traumatiques et d'orienter la conception d'outils de mesures de la fonction musculaire cervicale. Deux systèmes de mesures ont été spécialement développés afin d'évaluer le rachis en situation analytique (position assise) ou en position fonctionnelle (position de poussée en mêlée). Le premier dispositif ergométrique permet d'évaluer la fonction des muscles du cou en position assise standardisée. Le deuxième dispositif ergométrique (joug ergométrique individuel) permet de mesurer les efforts dans les 3 dimensions lors de l'effort de poussée, ainsi que la capacité d'extension cervicale lors de la poussée. Les résultats obtenus sur différentes populations de sujets « contrôles » et « joueurs de 1ère ligne » montrent qu'il est possible de caractériser les individus en fonction des contraintes exercées (ou non) sur le cou (non joueurs / joueurs) et en fonction du niveau de pratique (ex : XV de France, moins de 21 ans.... Fédéral 3...). Les forces individuelles d'impact à l'engagement, de poussée et d'extension cervicale peuvent être alors interprétées comme des paramètres discriminants du niveau d'expertise en mêlée de rugby.

En conclusion, ces dispositifs ergométriques sont des outils d'évaluation de méthodes d'intervention pour la prévention de blessures cervicales (renforcement musculaire, travail technique « mêlée »...). Même si le nombre de joueurs doit être augmenté, les résultats déjà obtenus mettent en évidence l'effet du niveau d'expertise sur un ensemble de paramètres. Sur la base de ces paramètres, l'évaluation objective des performances du joueur de 1ère ligne constituerait ainsi un outil diagnostic supplémentaire dans le cadre de la prévention des blessures. Le problème de la reprise après accident sera guidé par l'évaluation analytique et fonctionnelle. En cas de séquelles, l'évaluation analytique apportera des informations sur le degré d'atteinte et apportera un complément non négligeable dans l'expertise et l'évaluation du dommage corporel, du suivi de programme de renforcement musculaire en formation ou en perfectionnement.

Coordinateurs SSPP : Thierry Maquet : Université Paris 12 ­ [email protected] Sophie Daudet-Taupin/Corinne Bouvat : Service départemental des Sports - Conseil général du Val-de-Marne - 2, rue Tirard - 94000 Créteil Tél. 01.43.99.73.92 / Fax : 01.43.99.73.96 / e-mail : [email protected]

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